The Psychotic Monks – Le Petit Bain ( Paris) – 30 mars 2017

Bluffés par leur concert au Point Ephémère, nous sommes retournés voir les parisiens de The Psychotic Monks en concert dans la capitale. C’était la teuf pour la sortie de leur premier album (il sort le 21 avril) et le bateau du Petit Bain est bien choisi pour ce genre d’évènement.

Si leur musique est toujours aussi envoûtante, il n’y avait pas l’ambiance magique du précédent au Point Ephémère. Trop de bière et un pogo qui me semble inadéquat pour ce groupe qui sonne différent du rock énergique et agressif des punks. Le public était plus rock, plus nerveux, et l’ambiance était plus conventionnelle. Mais les Psychotic Monks en mettent plein les oreilles et dès le premier morceau on fait « ouah ». Ce que nous aimons chez eux, c’est leurs morceaux lents, romantiques, et leur son qui est original. En les écoutant je pense à des groupes des années 70 notamment pour le mélange orgue-guitare et les slows. Ce groupe indique une autre voie que les sentiers bien balisés que d’autres parcourent si bien. Ils sont encore en cours d’évolution, et les chants sont plus travaillées, ils chantent désormais à 3 voix et se dirigent vers une nouvelle formule avec de belles harmonies. Disons qu’ils se cherchent encore, c’est vrai qu’ils sont très jeunes, nous les   avions crus plus vieux en les voyants sous les lights de la salle. Nous espèrons qu’ils vont préserver leur originalité et ne pas céder aux injonctions de certains spectateurs qui criaient « rock’n’roll » comme à un concert de psychobilly, ce qui est franchement un contresens sur cette musique qui ne doit rien aux années 50 ni 80. Il y a des endroits pour ça, on peut lui donner l’adresse, le gars a du se tromper de soir. Si nous aimons aussi le rock du passé, ce n’est pas ce que nous font les Psychotic Monks qui ouvrent une nouvelle voie au rock français.

Patrick Kuriakine

The Undergound Youth – Le petit Bain ( Paris) – 06 mars 2017

Difficile de manquer le Petit Bain car c’est la plus grosse péniche de cet agréable lieu de loisirs qu’est le Port de la Gare, aux pieds de la bibliothèque François Mitterand dans le 13è arrondissement de Paris. Elle accueille des concerts dans cette barge flottante plus grande que les bateaux voisins. Cette soirée nommée le Fuzz Club nous proposait 3 groupes parmi lesquels The Underground Youth dont nous vous avons parlé en novembre 2015 lors de leur passage au Point Ephémère qui nous avait bouleversé.

Les voici donc de retour à Paris pour une célébration à base de guitares vintages et de cuir noir. De nos jours il est plûtot rare de voir un groupe qui propose une telle cérémonie sombre et malsaine. Le chanteur de ce groupe de Manchester fait par moment penser à Ian Curtis de Joy Division. Mais leur musique n’innove pas comme le faisait celle de ce groupe légendaire. Comme nous l’avions remarqué en 2015, c’est très primitif : la batterie orchestre leur performance telle le drummer sur les galères (souvenez-vous d’astérix !). Pas de cymbales, un rythme lourd et pourtant efficace dirige une basse simple et deux guitares. Cette musique, en concert, est clairement dans la lignée de Vince Taylor et du premier album des Cramps, même si sur disque ils sonnent plus psyché. Nous avons devant nous un vrai groupe culte et un futur mythe. Ils ont 7 albums à leur actif et leurs titres les plus récents comme The Morning Sun sont dans cette veine tribale et noire qui serait une sorte de blues contemporain, car ce n’est ni gai ni fun, et le climat est aux antipodes des musiques festives.

En lever de rideau nous avons entendu un non-groupe de non-musique dont ne nous vous fairons pas l’offense de mentionner le nom, et, plus intéressants, les jeunes pousses de The Invisible Friend qui, malgré leur manque évident de répétitions, proposent une déflagration shoegaze/noisy à partir de compos structurées et bien pensées, sur lesquelles viennent se poser des parties de guitare originales.

Ce fut donc une belle soirée dans ce qui est le bateau le plus confortable du Port de la Gare.

Patrick Kuriakine