Vera Sola – Le Silencio – 16 Novembre 2018

Paris virerait-il au folk ? Serait-ce la musique des années à venir ? Nous nous adaptons au contexte en allant voir un concert de l’artiste américaine Vera Sola.

Poétesse, chanteuse et guitariste, elle vient de sortir son 3è album »Small Minds » que nous avons acheté et écouté. Elle se produisait ce vendredi soir sur la splendide scène d’un club privé de la capitale, le Silencio, un très beau lieu qui nous change des bars à couscous où nous allons d’habitude. C’est l’un des trucs agréables dans cette ville que la grande diversité des lieux où l’on peut entendre de la musique live.

Vera Sola est une folk singer à la voix captivante et expressive, qui assure aussi la guitare. Elle se présente sur scène en trio avec un batteur barbu et une jolie contrebassiste blonde qui joue aussi bien aux doigts qu’à l’archet et qui a gratifié d’un solo ébouriffé sur l’un des titres. L’ensemble est minimaliste, dépouillé et sans artifices. Leur folk flirte quand même avec le rock’n’roll, ce qui nous ramène à nos préoccupations usuelles. En témoigne sa reprise du I Put A Spell On You de Screamin’ Jay Hawkins. Elle a une bonne voix, et propose un show de qualité qui nous rappelle que les artistes américains ne doivent pas être mis de côté.  Elle a joué lors de ce concert des titres de son album, mais pas que. Citons The Colony, Circles, Loving Loving, The Cage et By Motelight.

Si cette tendance musicale se confirme, vous aurez à nouveau l’occasion de nous entendre parler d’artistes folk d’outre-Atlantique de passage dans la capitale.

Patrick Kuriakine

The Coathangers – Le Supersonic – 12 Novembre 2018

The Coathangers sont l’une de nos craqueries rock’n’rollesques avec les suisses de The Jackets et les danois de The Courettes. Quel est le point commun entre ces trois groupes ? Le fun, l’énergie et la fraicheur. Et aussi que cela nous fait bien délirer !

Il y a aussi le plaisir de la découverte après des heures et des heures à écouter des tas de groupes de rock ainsi que d’autres musiques. De ces trois groupes que nous avons repérés, les trois filles de The Coathangers sont les plus primaires et leur garage-punk a le charme de la spontanéité. Ce sont les seules aussi à avoir quelque chose à voir avec le mouvement punk. Là où nous avons du mal avec un groupe comme Thee Oh Sees, nous avons immédiatement accroché à la musique de ces trois nanas d’Atlanta, ville du sud des Etats Unis. Nous n’écoutons qu’exceptionnellement du punk, et ce groupe nous a pourtant séduit. Lors de leur concert au Supersonic, club rock parisien qui nous plait bien à la fois par sa programmation et ses publics, elles l’ont emporté haut la main sur les autres groupes à l’affiche. La différence de niveau est flagrante : elles ont le truc, malgré leur jeune âge. Elles n’ont pourtant pas le look punk ultime avec leurs combinaisons de peintres en bâtiment, mais elles ont le son et la justesse du propos. Leur rock garage est assez mélodique, et le chant est agréable. Elles chantent vraiment, là où d’autres poussent des cris ! Et elles ont un pied dans la tradition rock’n’roll comme le montre le passage à la guitare pour un morceau de leur batteuse. Leur show s’est terminé en joyeux bordel avec une parodie de techno-dance. Sinon elles ont enchainé leurs titres que l’on retient aisément et que nous vous conseillons d’écouter après avoir lu cet article.

Ce soir-là nous avons retrouvé la fièvre adolescente et une certaine idée du rock lorsqu’il ne se prend pas au sérieux. Ce qui ne nous empêche pas d’apprécier des trucs plus « adultes » ou plus élaborés. L’un n’empêche pas l’autre.

Patrick Kuriakine

Echo And The Bunnymen – Le Bataclan – 05 Novembre 2018

Parmi tous les vieux groupes de rock des années 80 qui réapparaissent sur les scènes hexagonales, nous avons choisi d’aller voir Echo And the Bunnymen. On nous avait proposé d’autres artistes, tel Killing Joke ou les sempiternels punks de the Damned. Nous avons voulu faire le point sur nos émois de jeunesse en retenant ce groupe postpunk de Liverpool qui sort un nouvel album cette année et qui n’a cessé de jouer que 4 petites années. Qu’est-ce qui nous a attiré ? L’Atmosphère romantique et les manteaux anthracites, où leur charismatique chanteur Ian McCullock, l’une de nous idoles de jeunesse ? Un peu des deux. Et nous n’avons pas de regrets, car en concert leur musique n’a pas pris une ride. C’est même intégrable dans une playlist de groupes rock actuels. Cela vient de leur son, qui est dû en grande partie à leur guitariste Will Sergeant, l’un des piliers du groupe et présent depuis les débuts de celui-ci. Il se met facilement en avant et joue à plus fort volume que les autres. Comme ça on est sûr de l’entendre ! L’autre point fort d’Echo and The Bunnymen est leur chanteur : Ian McCullock a de la voix et de la présence. Leur répertoire comprend tous les titres phares de leur première période (Rescue, All My Colours, …) tirés de leurs albums  « Crocodile » et « Porcupine », et leurs hits incontournables comme The Killing Moon. A cela s’ajoutent une reprise du Roadhouse Blues des Doors et de Walk on The Wild Side de Lou Reed. Bon, les Doors, nous nous doutions de leur influence, mais Lou Reed, cela nous a surpris.

Pour résumer, c’est un groupe important, qui n’a pas été très médiatisé, et qui physiquement et artistiquement est resté en forme. Il faut les avoir vus en concert au moins une fois dans sa vie. C’est vraiment bon, et ils raviront les amateurs de rock britannique.

Patrick Kuriakine