Girls Names – le Batofar ( Paris 13è) – 23 septembre 2014

Indiepoprock proposait de gagner des places pour ce concert au Batofar. Nous en avons profité pour découvrir avec nos lecteurs ce groupe de Belfast, que nous avons vu en live pour la première fois. Quelle ne fut pas notre surprise, après une première partie pop mais insipide, d’entendre du rock’n’roll et de la guitare dans cet endroit. Nous nous sommes pincés pour ne pas nous croire à la Java ou autre lieu de l’underground parisien. Et non, nous étions bien sur le superbe bateau du 13è arrondissement de Paris, où nous avons connu des soirées électro et des sound systems ragga.

Girls Names délivre pourtant en studio du rock indé assez soft et propret, mais là, en concert, il y avait un son plus brut et plus jouissif . Le groupe de Belfast a plusieurs atouts pour plaire : une guitare pleine de reverb, influencé par le surf, ce qui est étonnant de la part d’un groupe indé. Et aussi la voix de Cathal Cully, profonde et mélodique, au timbre qui rappelle sur quelques morceaux du set celle de Morissey sur ses disques en solo qu’il a réalisé après The Smith.

Ces artistes en sont à leur deuxième album « The New Life », sorti en 2013, et nous vous invitons à retourner les voir sur scène et à attendre le prochain CD qui, espérons-le, parviendra à restituer en studio les sensations du live auquel nous venons d’assister, et qui était très prometteur. Nous les préférons, vous l’avez deviné, en concert plutôt que sur disque.

Bertrand & les Actionnaires – le Chinois (Montreuil, 93) – 27 juin 2014

Etant toujours à la recherche de groupes français prometteurs, nos pas nous ont amenés à Montreuil, en banlieue parisienne, ce vendedi soir.

Le Chinois n’est pas un bar mais une petite salle de concerts de 300 places avec des loges et une scène sur laquelle nous avons pu voir Bertrand & Les Actionnaires. Nous ne connaissions pas auparavant ce groupe, qui s’et formé en 2013 et donnait là l’un de ses premiers concerts, si ce n’est le premier. Nous avons découvert ce soir là le répertoire de cette formation de cinq musiciens.

De quoi s’agit-il ? D’abord d’un chanteur élégant, aux textes intelligents, drôles et détachés, légèrement cyniques, qui chante un peu à la manière de Katerine et des Little Rabbits. Il est accompagné d’un groupe qui ne brille pas par son originalité et la nouveauté de leur musique mais qui est correct pour un petit concert parisien. Jouant devant trente personnes, pour la plupart des amis ou des connaissances, Bertrand & Les Actionnaires font danser les filles et ils ont un quelque chose d’intéressant dans ce qu’ils proposent au public.

Radkey  – La Maroquinerie (Paris Ménilmontant) – 16 juin 2014

Radkey est un groupe de punk rock originaire de St-Joseph dans le Missouri. Il met à mal la concurrence par plusieurs facteurs. Premièrement, et c’est ce qui frappe au premier abord, leur jeune âge. Les kids de Radkey ont 17 ans et viennent de quitter l’école. Là où des groupes punks rament depuis des années dans un circuit parallèle, Radkey déboule avec sa jeunesse et captive par sa qualité musicale. Ensuite, la force de leurs vocaux : les Radkey ont de belles voix qui sont mises en relief sur leurs enregistrement studio et qui sortent bien en concert.

Ce soir-là à la Maroquinerie ils ont fait preuve de leurs dons musicaux et ont tenus la scène. Certes ils n’en sont qu’à leurs débuts et manquent d’heures de vol, mais le show était probant et le public leur a réservé un bon accueil. C’était touchant de voir ces trois gamins jouer sur la scène de la Maroquinerie un répertoire qui sans être original est de qualité. Cela donne envie de ne plus accepter de voir de vieux groupes punk quand des kids peuvent faire aussi bien que les anciens.

Bref Radkey envoie à la retraite la concurrence.  Ce n’est pas un nouveau Nirvana, mais une pointure du punk rock que nous avons découvert ce lundi, jour habituel de relâche dans les spectacles, mais les punks ne font pas comme les autres.

Babyshambles – Festival Chorus du 92 (Paris-La Défense) – 29 mars 2014

Comme tous les ans nous sommes allés prendre du son plein les oreilles au festival Chorus Des Hauts-de-Seine. Nous y avons vu les Babyshambles sous un chapiteau dressé sur la parvis de la Défense.

Nous ne regretterons pas de nous être déplacés voir les Babyshambles. Ce fut l’un des plus beaux concerts que nous avons vu depuis un an. Malgré quelques défauts que nous énumèrerons plus loin, le groupe assure.

Leur répertoire fait plus que tenir la route, c’est un groupe puissant et solide, avec des morceaux pleins d’énergie. Pourtant Pete Doherty est exaspèrant, il minaude et fait la star, le volume à fond,

Plus fort que les autres musiciens. Il joue le chef et joue de la guitare entre les morceaux, ce qui fait amateur. Le guitariste Mick Withnall, quant à lui, joue faux. Cependant la sauce prend quand même tellement les compositions sont fortes. Le nouveau batteur est bon, et la rythmique basse-batterie ne se contente pas de faire le boulot . Nous avons vu une mauvaise prestation des Babyshambles, et pourtant c’est bien supérieur à de nombreux autres groupes. Bref les Babyshambles sont des branleurs doués, un cran au dessus de biens des groupes de rock actuels. Notons pour ceux qui n’y étaient pas la présence dans le set de deux titres ska, qui sont bien exécutés, mais qui sonnent décalés par rapport au reste du répertoire.

FFF – Le Bataclan (Paris) – 27 mars 2014

La salle était comble ce jeudi soir pour le deuxième concert parisien du comeback de FFF. Après un soir à la Cigale, c’était au tour du Bataclan d’accueillir la reformation de la Fédération Française de Fonck avant leur passage dans les festivals. Par exemple, vous pourrez les voir prochainement lors du festival Solidays dans le bois de Boulogne à Paris si vous les avez ratés cette semaine.

Le public est venu en force et il était conquis, connaissant par cœur les paroles des morceaux de FFF. Force est de constater que FFF est une groupe populaire et suivi par un vrai public.

Néanmoins, notre avis sur ce concert est plus nuancé que celui des spectateurs.

Après une intro spaciale, digne de Star Wars, le show débuta par « le pire et le meilleur » et continua sans interruption jusqu’à l’apothéose que constitua le titre phare du groupe Barbès. Cependant la partie la plus efficace du concert fut le meddley New Funk Generation/ Marco. On connait la réputation de bêtes de scène de ce groupe et l’album live « vivants » nous avait par le passé fortement impressionné. Mais là, on eu droit à un set monotone et laborieux, en tout cas pas à la hauteur de nos attentes. Certes Marco Prince chante divinement bien, il tient bien son pubic, mais le groupe n’a pas au niveau rythmique l’efficacité diabolique des papys du funk qui les ont inspirés et parfois guidés. Pour avoir vu sur scène Georges Clinton, Bootsy Collins et Joseph Modeliste, on voit bien que les anciens ont toujours une longueur d’avance. FFF est resté dix ans sans jouer ensemble et ils n’ont pas progressé, ils ont encore des choses à apprendre de leurs ainés en matière de grooves tueurs.

999 – la Java- 14 février 2014

Ce soir-là, la Java, Club où se tiennent habituellement des soirées électro, ouvrait ses portes au rock en accueillement ce qui s’annonçait comme l’évènement punk rock de 2014 : le concert du groupe historique 999, formé à la fin des années 70.

Hélas, ce concert ne fut pas à la hauteur de la légende et la magie était absente. Ce fut une honnête prestation d’une musique quelconque, comme le font des milliers de groupes, ni bonne ni mauvaise, avec un chant qui ne valait pas ce qui s’entend sur leurs albums. On retrouvait pourtant la basse agile et survoltée, les guitares tranchantes et le batteur faisait le boulot.

Les 250 spectateurs étaient heureux de voir une légende vivante, encore en forme et énergique, mais les Rolling Stones sont toujours en forme à 70 ans. Le public dansait, manifestement content de ce qui sortait de la sono, les figures du rock’n’roll parisien étaient là, mais le set proposé n’avait rien de transcendant. Ils jouèrent leurs vieux titres, issus pour la plupart du premier  album du groupe, et terminèrent par une version de leur fameux titre Homicide qui réveilla l’intérêt de la soirée. 999 fit un rappel avant de quitter définitivement la petite scène, nous laissant sur notre faim.

Hogwash + Burning Heads – Espace Icare (Issy les moulineaux) – 30 janvier 2014

Comme tous les ans le festival Träce du réseau 92 se tenait dans les salles des Hauts de Seine. Cette année la programmation donnait une large part au rock et l’Espace Icare d’Issy Les Moulineaux mettait à l’affiche deux groupes de hardcore, Hogwash et Burning Heads, reprennant la suite de l’association fahrenheit concerts.

Il en est du hardcore comme d’une course d’endurance : il faut jouer vite et longtemps, et ne pas lâcher l’affaire au bout d’un album. A ce jeu-là, les deux groupes qui jouaient ce jeudi soir se placent en bonne ligne pour gagner la compétition. Hogwash a réussit son pari de chauffer la salle avec 45 minutes de hardcore mélodique à la No Fx. Rien à redire, ils maitrisent leur sujet et font bonne figure si l’on compare avec les groupes US, ça fait du bien d’entendre cette musique et l’on en oublie le look skater décontracté trop évident pour ce type de formation. Hogwash est issu des repérages du Réseau 92, qui effectue un travail important en direction des groupes locaux.

Puis vint le tour des Burning Heads : après 20 ans de carrière, on ne présente plus le groupe hardcore d’Orléans, qui est reconnu dans le monde entier et qui se produit trop rarement en région parisienne à notre goût. Sur scène ils mélangent sans difficulté pour le public présent dans la salle ce soir là le reggae à la Clash et le hardcore le plus incisif, reprenant pour notre plus grand plaisir In The City des Jams. Il est à noter la sophistication des parties de guitare et des Breaks, Burning Heads faisant tout sauf de la musique de bourrin.

Bref nous avons passé une magnifique soirée dans une agréable petite salle de 150 places avec un public calme pour ces artistes qui méritent les grandes salles et les ambiances survoltées.

Warum Joe – Le Picolo (ST-Ouen)- 02 novembre 2013

Que reste-t-il des années 80 à part les disques et les archives ? Le temps est cruel, les groupes se sont séparés, les salles ont fermé (Fahrenheit, Arapaho, Locomotive, Elysée Montmartre), il n’y a pas grand-chose de stable. Et pourtant, les irréductibles Barrocks continuent depuis 1984 à organiser des concerts dans des bars et autres lieux improbables. Dans une ambiance conviviale et rock’n’roll, ils se sont spécialisés dans le punk-rock et dans une moindre mesure le garage rock.

Ce samedi 02/11/2013 ils programmaient un autre vétéran français du rock, à savoir le groupe synth-punk Warum Joe, formé en 1981. Il est drôle de revoir ces rockers aujourd’hui avec les cheveux gris, délivrer la même musique qu’il y a 10, 20 ou 30 ans. Leur musique repose sur une formule simple : un riff des Ramones, Damned ou même gun Club (sur » Kurt Beat »), une grosse boite à rythme, un synthé vrombissant et des samples intello, une structure couplet –refrain et l’affaire est emballée en 2 :30. Sur cette trame viennent se poser des textes à l’humour noir, intelligents et qui doivent amener le spectateur à la réflexion. Ce qui était des innovations rarissimes est aujourd’hui totalement accepté, la musique ayant intégré la technologie au-delà des expérimentations des pionniers.

Warum Joe, lui , n’a pas bougé de sa ligne, le concert de ce soir aurait pu avoir lieu à une autre époque. Warum Joe a sorti son dernier album en 2003 et depuis se produit une fois de temps en temps dans des petits lieux de l’undergound punk (la miroiterie en 2001), ce soir le bar le Picolo. La salle est pleine, les fans dansent, tout le monde est content de voir ou de revoir une légende vivante.

Le set commence par Datcha, l’un des morceaux les plus polémique du groupe, et l’un de ses plus anciens, et il faut attendre un quart d’heure pour entendre le magnifique EP « Electrolyse » et les titres de l’album de 1984 Tocarre La Verita comme « Le Camionneur ». Rien du splendide album «La Méthode Du Discours » de 1986 . Nous restons sur notre faim malgré l’efficacité du set.

Quelques problèmes de sono, le groupe n’étant pas à l’aise dans un bar, il lui faut des salles de concert et une balance pour être d’équerre. Mais on oubliera ces imperfections pour retenir une soirée sympa, complètement nostalgique et où on retrouvé le passé tel qu’on l’avait laissé, et une version live de nos archives sonores.

En première partie il y avait Jimi Ben Band, un bon groupe de gare rock aux vocaux décalés, et Flying Over, du punk-rock vintage avec guitare Rickenbacker, on adore !

Palma Violets – Festival Fnac Live Paris – 18 juillet 2013

L’occasion d’aller écouter Palma Violets était trop belle : un festival gratuit, en plein Paris, juste devant l’hôtel de Ville, par un temps magnifique. Le rock s’écoute-t-il par temps pluvieux ? Non,Non et non, nous ne cultivons pas le spleen et les Palma Violets non plus.

Le début du concert se voulait une entrée fracassante : à notre grand étonnement, le groupe débuta dans un climat garage-rock pas très convaincant. Il fallut attendre qu’ils jouent « Best of friends » pour entendre une mélodie. Tout de suite, ça le faisait mieux. Globalement ce concert ne fut pas complétement décevant, la sauce prenant lorqu’il y a une bonne chanson, et les Palma sont capables d’ écrire des chansons, pas que de faire du boucan. Ils font des efforts pour être bruyant, la basse et la batterie bourrinent, les guitares suivent, le clavier reste étonnement discret. Bref une prestation mi-figue mi raisin, où l’on ne s’ennuie pas, mais où l’on est pas enthousiasmé. Ce jeune groupe ne m’a pas scotché comme l’on fait les ancêtres des Stranglers au printemps 2012 à l’Olympia.

Miles Kane – Festival Fnac Live Paris – 18 juillet 2013

J’étais venu pour les Palma Violets et je suis resté pour Miles Kane. Je ne regrette pas, j’ai été agréablement surpris par le talent du monsieur. Efficace, tel est le mot qui résume ce concert.

Certes, Miles Kane n’a rien inventé, ni le rock anglais, ni les années 60, ni le rythm’n’blues. Mais le dandy mod qui rivalise d’élégance avec Paul Weller sait écrire des pop songs, et la foule reprend en cœur ; ça fonctionne et le public lui réserve un accueil chaleureux. Anciens et nouveaux titres, on ne sent pas la différence et je ne vois pas le temps passer.