The B-Sides – The Gaslight Anthem

Après un changement de label et un nouvel album sur Mercury, « Handwritten », voici que leur ancien label Side One Dummy sort une compilation du groupe de New Brunswick.

Les amateurs de ce rock US héroïque musclé et speed, seront surpris par cette compilation qui,  a trois exceptions près, (She Loves You, State Of Love And Trust, et Tumbling Dice – une reprise des Rolling Stone) se compose de titres acoustiques, dépouillés, qui mettent en avant la voix de Brian Fallon.

A l’évidence, Side One Dummy a fouillé dans les tiroirs pour surfer sur l’actualité du groupe. La surprise passée, on retrouve les qualités de The Gaslight Anthem : bonne voix, compositions mélodiques, background folk de ce qu’on ne peut plus qualifier de punk rock tant la formule est rôdée par les groupes qui se sont succédés depuis vingt ans. Loin de leurs albums précédents, cette compilation offre aux fans inconditionnels des titres que d’autres artistes auraient placés sur You Tube. Cet album a le mérite de révéler les rouages d’une musique qui, objectivement, est du folk électrifié. Le disque est plaisant, mais sans surprises, et la recette quelque peu éventée.

On a l’impression sur plusieurs titres de cette compilation d’être plus proches de Bruce Springsteen que de Black Flag, ce qui n’est finalement pas plus mal, mais constitue une preuve supplémentaire que l’effet nouveauté n’agit plus. Pour l’anecdote, le dixième titre, Boxer, est traité façon reggae, avec des chœurs dignes des artistes jamaïcains, et le onzième, Once Upon A Time, sonne gospel. Une bizarrerie qui ne changera pas l’impression de bric et de broc de ce volume de faces B de singles, dont l’acquisition s’avère réservée aux spécialistes.

Bernard Lenoir L’Inrockuptible 2

On se méfie des compilations, mais elles sont un outil indispensable à l’amateur de musique, surtout lorsqu’elles sont réalisées par un personnage aussi indiscutable que Bernard Lenoir. Celle-ci est tout simplement un évènement musical.

Bernard Lenoir fut animateur de radio, et il sut pendant plus de 30 ans donner une place au rock et à la pop sur les ondes FM de France Inter. Ses émissions furent, pour plusieurs générations, un rendez-vous attendu avec fièvre et intérêt pour écouter ce qu’il nomme : « une musique par comme les autres ». Rares sont les personnages des média à avoir une une telle importance pour le public avide de nouveautés anglo-saxonnes, en particulier sur le service public, malgré l’explosion des radios locales et privées. Pour les gens qui ont eu 20 ans dans les années 80, il y eu Feedback de Bernard Lenoir sur la FM et à la télévision Chorus d’Antoine De Caunes, dont on attend encore avec impatience la réédition des archives.

L’auditeur exigeant trouvait chez Bernard Lenoir une source d’information pointue et une playlist au fait de ce qui se faisait en rock et pop. Combien d’entre nous n’ont pas enregistré les émissions sur K7 ? On réécoutait des vieilles K7, et il y  a maintenant cette compilation pour remplacer cet usage semi-illicite. Il ne s’agit pas d’une archive inexploitée, mais d’une sélection de titres qui caractérisent le mieux ses émissions de radio et leur atmosphère. Nous voici prêt, en écoutant ces 2 albums, à plonger dans l’histoire du rock. La première surprise est que ces titres ont bien vieillis, pas mal pour un choix de singles  pop et rock. Cette compil ne sent pas la nostalgie, on redécouvre des groupes d’hier et on prend plaisir à l’écoute de ces deux CD qui comportent des titres qui dans l’ensemble pourraient être sortis en 2013. Ce numéro deux fait bien sûr suite à un numéro un sur lequel figurait des locomotives comme Cure et Joy Division. Sur ce volume deux, pas de locomotives, mais une sélection qu’il suffit d’énumérer pour vous convaincre de l’achat de ce disque : On y  trouve entre autres des singles de  Pulp, The Chameleons, Patatas Fritas, Sonic Youth, Lambshop, Eels , Elliot Smith, Divine Comedy, The Go-Betweens, Supergrass, Aztec Camera, The Charlatans, Felt, Morissey, Lemonheads, Emiliana Torrini, et plus généralement deux heures de musique différente, celle que nous affectionnons à la rédaction d’indiepoprock . Si vous avez aimé notre playlist de 2013, vous aimerez cette compilation historique. A noter une perle rare, le duo Nick Cave et PJ Harvey, qui n’est pas l’un des titres les moins convaincant de cette compil.

On ne peut faire qu’un reproche : le choix des artistes francophones, qui sont représentés de manière discutable par Katherine et Little Rabits, mais dont les titres s’intègrent bien au climat général de ces disques, et on peut argumenter que le rock français n’était pas le propos de l’émission.

Specter At The Feast – BRMC

Pour son retour sur un label, en l’occurrence Abstract Dragon, Black Rebel Motorcycle Club signe un album honnête, sans surprise, marqué par la patte inimitée du groupe de San Francisco.

Il faut bien l’avouer, si nous ne sommes pas déçus par cette septième livraison discographique, BRMC peine à se renouveler : pas de grands changements par rapport à leurs disques précédents, pas de rupture ni de révolution, si ce n’est un premier morceau instrumental qui n’apporte rien et qu’on est pressé de voir finir. Cet album oscille entre morceaux calmes et morceaux plus agressifs, donnant une allure un peu décousue à l’ensemble . Reste que la facture est honnête et que l’on écoute l’objet avec plaisir en retrouvant ses marques au fur et à mesure. On retrouve sur ce septième album des ballades presque country (Returning) ou blues (Some Kind OF Ghost)  et des titres rentre-dedans, pleins d’énergie,  dignes de leurs premières heures (Hate the TasteRivalTeenage Disease) . Cette dichotomie culmine avec le très contemplatif Sometimes The Light, une très belle mélodie appuyée sur un orgue dans une ambiance d’Église. Le titre le plus intéressant est selon nous le dixième, Funny Games, qui sort de l’optique garage rock sur fond de blues pour ouvrir sur un riff stoner des plus efficaces et qui va bien avec la personnalité de BRMC . Il est suivi de l’apocalyptique Sell It, morceau lent et tout en tension . Peut-être une voie à suivre pour la suite de leurs aventures musicales et discographiques. Pour le dernier de ces douze titres, le groupe revient aux ballades avec Love Yourself. Jolie ballade, l’un des trois visages que nous donne BRMC de leur musique. Trois visages, il y en a pour tous les goûts, ceux qui préfèrent le visage garage-rock étant rassurés par le corps de cet album manquant de cohérence.

Il faut peut-être voir dans cette tonalité mélancolique qui représente la moitié du disque l’influence d’une triste nouvelle dans la vie de ce groupe, à savoir le décès de Michael Been, le père de Robert Levon Been de BRMC, qui était également membre du groupe The Call dont BRMC reprend ici le titre Let The Day Begin.

Metz – Metz

On avait envie de passer en 2014 avec un peu de bruit et de fureur. Metz est le groupe idéal pour mener à bien une guérilla contre ses voisins qui aspirent au calme.

Metz est le nom d’une ville de l’est de la France, c’est aussi celui de ce trio canadien signé en octobre 2012 par le label Sub Pop. Il pratique un noise rock rapide et débridé, virant au punk et misant tout sur l’énergie.

De l’énergie, les trois compères en ont, et nous martyrisent les oreilles avec leur compositions courtes et speedées. Leur musique est a-mélodique, des mélodies il n’y en a point, le chanteur est de la veine des hurleurs et il clame ses textes à la manière d’un groupe de hardcore punk. Voilà pour situer ce que vous allez entendre si vous vous procurez cet album bruyant et réjouissant.

Nous ne sommes donc pas chez Nirvana, issu du même label, dans un alliage de beauté et de bruit. Les guitares sont dissonantes et pleines de distorsion, le bassiste est surexcité et balance quelques notes avec fougue et la batterie mène l’ensemble avec conviction.  On a rarement entendu une telle rage et un tel niveau sonore en rock, il faut voir du côté du métal pour entendre autant de décibels, mais en rock, non, ce genre d’extrémistes musicaux ne courent pas les rues. Cet album est enregistré dans l’urgence, on ne sait pas de quoi sera fait l’avenir de ce groupe, alors il faut déguster dans l’instant.

Bloodsports – Suede

Il est des reformations qui réconfortent les fans, d’autres qui réparent une injustice, mais celle là n’apporte même pas le plaisir de réécouter un vieux groupe.

Suede, qui portait haut le flambeau de la Brit Pop dans les années ’90, s’est reformé en 2010 et accouche d’un nouvel album avec ce « Bloodsports ». Allons-nous retrouver le charme d’antan, les faux airs de David Bowie, les hits fracassants et l’énergie du groupe ? Hélas, rien de tout ça, mais un album catastrophique et plus que décevant. Suede a tout simplement réalisé un album de variété, prouvant que cela n’est pas une spécificité hexagonale et que les anglais en sont capables.

Pourtant, cette reformation était louée par la presse écrite, qui nous a bien fait saliver, et Suede nouvelle version était programmé lors du festival des Inrocks en novembre 2013, le journal Le Monde jugeant même le nouvel et sixième opus du groupe « très digne ». Nous ne partageons pas cet avis, cet album n’est pas à la hauteur de leur passé glorieux et le combo s’en tire moins bien qu’un Placebo. Avec  Barriers, le premier titre de « Bloodsports », Suede lorgne sans vergogne vers U2.Voilà pour l’entrée en matière. Nous avons continué l’écoute, et le malaise ne s’est pas dissipé avec Snowblind. Du temps de sa splendeur, le groupe n’avait pas une aussi grosse production et autant de moyens pour enregistrer. Hélas la sauce ne prend pas et les synthés de Sabotage ne font qu’ajouter à l’emphase de la voix de Brett Anderson, très énervante. Sur le titre suivant, For The Strangers, celui-ci prend des intonations à la Bowie, et c’est le meilleur titre de cet album. Il continue dans cette voie sur Hit Me mais le refrain vient tout gâcher. Puis retour à l’influence U2 sur le septième titre, Sometimes I Feel I’ll Float Away. L’album se termine enfin par trois slows dignes du pire de la FM.

Avec cet album, Suede rejoint Elton John à la rubrique des énigmes de la pop music.

Don’t forget who you are – Miles Kane

Après avoir vu en concert à Paris, nous nous sommes attentivement penchés sur le cas Miles Kane : ça tombe bien, il a sorti un deuxième album, qui démontre que le rock anglais se porte bien.

Et plutôt bien, même. Le chanteur-guitariste natif de Birkenhead aligne onze titres efficaces et punchy, avec une évidence mélodique (Don’t Forget Who You AreBetter Than That, Darkness In Our Heart) qui pourrait bien, s’il y a une justice dans ce bas monde, en faire une machine à hits.

Depuis l’échec commercial d’XTC, contre toute attente, on s’interroge sur les notions de pop et de succès. Il n’y a qu’à allumer MTV pour s’en rendre compte. Donc, s’il y a une justice, et si nous nous fions à nos oreilles, cet album devrait faire un malheur dans les charts et être programmé sur MTV. C’est fait pour, soyons lucide, il a le même look que Paul Weller, habitué des charts anglais. Il a surtout un héritage dans ses compositions, toute une histoire qui va de John Lennon (Give Up)  à Oasis (Out of Control), le scooter avec lequel il pose ostensiblement est là pour le rappeler. Cet album, enregistré à Londres et à Liverpool, est parainé justement par Paul Weller et Andy Partridge, d’XTC, chacun co-signant deux titres. Il ne verse dans la Brit Pop que sur un morceau, Out Of Control, seule chanson réhaussée de violons.

Les dix autres titres sont bien rock, avec des guitares  qui ne se cachent pas, des refrains que l’on peut chanter, et une cohérence de groupe qui fait oublier qu’il s’agit d’un projet solo. Miles Kane a su recruter un gang, pas de simples accompagnateurs. C’est d’ailleurs avec ces mêmes musiciens que nous l’avons vu en live en juillet dernier, devant l’Hôtel de Ville de Paris, maitrisant la scène aussi bien qu’il maitrise le studio. Le public de ce festival lui a réservé un bon accueil, et souhaitons à cet album tout le succès qu’il mérite.

Silk ( La Soie Sauvage) – Iojik

Après un premier album (« Seconde Nature ») hésitant entre rock et chanson, la chanteuse Iojik opte clairement pour le rock avec son deuxième opus Sil,k – la soie sauvage.

Après un premier album (« Seconde Nature ») hésitant entre rock et chanson, la chanteuse Iojik opte clairement pour le rock avec son deuxième opus « Sil,k – La Soie Sauvage ». On ne peut que se féliciter de ce choix, qui vient confirmer sa démarche d’indépendance entamée dans les années 2000 avec le groupe Simili Skaï  dont elle reprend « Marcher Sur La Lune » dans une version qui ici frise le hard rock, bien éloignée de ce que j’avais entendu dans un bar de Ménilmontant en 2002. Ce nouvel album solo de Iojik évolue dans une ambiance mélancolique et féminine faite de ballades (sil,kElle M’aimeStill You’re WantingTraversons La Voie Lactée et le splendide Ce N’est Qu’un Extérieur) et de titres mid tempo (Sentir, Marcher Sur La Lune).  Il n’y a qu’un morceau au tempo rapide, Les Fées, avec ses réminiscences de The Clash, un rappel de son passé en tant que pianiste du groupe punk Les Cafards. L’ensemble est agréable, le propos est original et poétique, Nous regretterons seulement que la guitare soit parfois bavarde. Iojik chante aussi bien en anglais qu’en français, parfois dans les deux langues,  et cela l’éloigne d’éventuelles tentations chanson française.  Aussi à l’aise sur une ballade que sur un rock furieux, sa voix s’impose au fil de l’album en restant rock et mélodique. On aimerait un plus gros label et plus de moyens à cette chanteuse talentueuse. Nos titres préférés: Ce N’est Qu’Un Extérieur, In a Boat, Elle M’Aime, et le titre qui donne son nom à l’album, La Soie Sauvage.

We Need Medicine – The Fratellis

Echappant de peu à la séparation, le groupe de Glasgow qui avait fracassé les charts avec « Chelsea Dagger » revient avec un nouvel album plus rock’n’roll que jamais.

Trois ans on passé entre le deuxième album « Here We Stand » et le retour sur scène des Fratellis. Trois ans d’errance, le groupe étant abandonné pour des projets solo du leader Jon Fratelli, qui avait même monté un nouveau groupe, Codeine Velvet Club. Et après une nouvelle série de concerts ensemble, les faux-frères des Fratellis se sont retrouvés en studio pendant trois semaines pour accoucher de ce « We Need Medicine » qui porte haut le flambeau du rock et rassure les amateurs d’énergie et d’électricité.  D’entrée de jeu, le décor est posé par le premier titre  Halloween Blues  et le fil conducteur de cet album est une plongée dans les racines du rock, notamment avec We need Medicine, qui donne son nom à l’album,  et  Jeannie Nitro, très 50’s. Le seul titre « moderne » est le troisième She’s Not Gone Yet But She’s Leaving que nous aurions bien vu en single. Le label BMG a préféré sortir en single Seven Nights Seven Days et son riff de guitare à la Duane Eddy. On continue avec Shotgun Shoes, qui évoque les Rolling Stones, et Whisky Saga et sa guitare à la Eddie Cochran.  Puis on passe à un morceau pop très Kinks,  This Is Not The End Of The World, qui voit un solo de bottleneck  guitar. Arrive ensuite Jeannie Nitro et ses harmonies vocales très réussies et son orgue Farfisa. On note un solo de guitare surprenant.

On retrouve le bottleneck sur le blues We Need Medicine, puis on passe à la seule ballade de cet album aux tempo rapides avec Rock’n’Roll Will Break Your Heart, une pure merveille. L’album se termine par  un morceau  aux accents gospel, Until She Saves My Soul.

Les amateurs de guitare électrique seront comblés par ce disque. Jon Fratelli n’est pas un guitar-hero mais il a le niveau pour figurer dans les magazines pour guitaristes, il a un jeu intéressant bien qu’ultra respectueux des racines. Les Fratellis ne sont pas un éphémère phénomène des charts anglais. S’ils tiennent bon, ils sont là pour longtemps. Ils jouent bien, délivrent de bonnes chansons, ont les pieds ancrés dans les classiques du rock, et font preuve d’une énergie communicative. Cela nous convient.

Those Years – Dexist

L’écho favorable rencontré par Savages met en lumière des groupes se définissant comme post-punk. Est-ce là une porte ouverte aux abus ou l’amorce d’une vague ?

Là où Savages réussit son coup, d’autres, moins doués, se ramassent en beauté. Témoin ce groupe Dexist, originaire de Barcelone, revendiquant ouvertement d’être influencé par les années 80 et se définissant sur son site comme groupe post-punk et darkwave.

Eh oui, ce disque nous rappelle plus les artistes gothiques qu’autre chose, et s’adresse à notre avis à un public goth averti plutôt qu’à un public rock. Mais si les parties instrumentales sont intéressantes, le chant caverneux est profondément énervant. Le phrasé du chanteur est aussi poli que celui d’un groupe de punks not dead, si l’on compare avec la période de référence. N’est pas Sisters of Mercy ou Bauhaus qui veut, ces groupes ayant un chanteur hors du commun. Les arpèges de guitare façon Public Image Ltd première période (sur This Night Will Be Great) n’y feront rien. Oh il y a des amateurs pour ce style de musique et cette façon de chanter, nous le savons bien. Mais Dexist ne sort pas du ghetto et ne dépasse pas le périmètre défini. Il atteint son objectif, qui est de sonner comme un vieux groupe de ce qu’on appelait alors la cold wave européenne, c’est clair.

Cette musique n’est pas sans charme, le climat est plaisant, et l’énergie est là, et c’est un autre des points positifs de Dexist. Mais ce disque est trop tribal.

Warum Joe – Le Picolo (ST-Ouen)- 02 novembre 2013

Que reste-t-il des années 80 à part les disques et les archives ? Le temps est cruel, les groupes se sont séparés, les salles ont fermé (Fahrenheit, Arapaho, Locomotive, Elysée Montmartre), il n’y a pas grand-chose de stable. Et pourtant, les irréductibles Barrocks continuent depuis 1984 à organiser des concerts dans des bars et autres lieux improbables. Dans une ambiance conviviale et rock’n’roll, ils se sont spécialisés dans le punk-rock et dans une moindre mesure le garage rock.

Ce samedi 02/11/2013 ils programmaient un autre vétéran français du rock, à savoir le groupe synth-punk Warum Joe, formé en 1981. Il est drôle de revoir ces rockers aujourd’hui avec les cheveux gris, délivrer la même musique qu’il y a 10, 20 ou 30 ans. Leur musique repose sur une formule simple : un riff des Ramones, Damned ou même gun Club (sur » Kurt Beat »), une grosse boite à rythme, un synthé vrombissant et des samples intello, une structure couplet –refrain et l’affaire est emballée en 2 :30. Sur cette trame viennent se poser des textes à l’humour noir, intelligents et qui doivent amener le spectateur à la réflexion. Ce qui était des innovations rarissimes est aujourd’hui totalement accepté, la musique ayant intégré la technologie au-delà des expérimentations des pionniers.

Warum Joe, lui , n’a pas bougé de sa ligne, le concert de ce soir aurait pu avoir lieu à une autre époque. Warum Joe a sorti son dernier album en 2003 et depuis se produit une fois de temps en temps dans des petits lieux de l’undergound punk (la miroiterie en 2001), ce soir le bar le Picolo. La salle est pleine, les fans dansent, tout le monde est content de voir ou de revoir une légende vivante.

Le set commence par Datcha, l’un des morceaux les plus polémique du groupe, et l’un de ses plus anciens, et il faut attendre un quart d’heure pour entendre le magnifique EP « Electrolyse » et les titres de l’album de 1984 Tocarre La Verita comme « Le Camionneur ». Rien du splendide album «La Méthode Du Discours » de 1986 . Nous restons sur notre faim malgré l’efficacité du set.

Quelques problèmes de sono, le groupe n’étant pas à l’aise dans un bar, il lui faut des salles de concert et une balance pour être d’équerre. Mais on oubliera ces imperfections pour retenir une soirée sympa, complètement nostalgique et où on retrouvé le passé tel qu’on l’avait laissé, et une version live de nos archives sonores.

En première partie il y avait Jimi Ben Band, un bon groupe de gare rock aux vocaux décalés, et Flying Over, du punk-rock vintage avec guitare Rickenbacker, on adore !