Romain Humeau – Le Point Éphémère – 25 janvier 2018

Nous avons eu l’opportunité d’aller voir jouer Romain Humeau, ancien chanteur du groupe Eiffel, et nous nous sommes dit : why not ? En effet, cet artiste mérite qu’on prête l’oreille et malgré ses déclarations il ne peut être considéré comme un chanteur de variétés.

Deux ans après la sortie de son 3è album solo, Mousquetaire, et l’occasion de la publication du suivant, sobrement intitulé Mousquetaire #2, il se produisait sur la scène du Point Ephémère. Il a trouvé un nouveau label et repart au front. Nous avons toujours trouvé ce qu’il faisait intéressant, même si ce qu’il enregistrait avec Eiffel n’étais pas notre « délire », en tous cas nous extirpait de nos habitudes. C’est qu’il y a quelque chose de rare chez cet artiste : une vraie personnalité, et un talent réel pour des textes en français. Cependant il chante maintenant pour moitié en français et en anglais, ce qui est dommage car il a une bonne plume. Enfin, il a sans doute une idée derrière la tête en adoptant la langue de Liam Gallagher et des Beatles.

Sur scène il puise dans son répertoire et propose les titres de son nouvel album au public. Ce qu’il fait est assez varié, tant au niveau des mélodies que des arrangements. Il a un titre qui fait vraiment chanson française, mais c’est bien le seul, car c’est bien un rocker qui se présente à nous. Par contre l’originalité est au rendez-vous. Il nous a fallu attendre le dernier titre du set pour le voir faire une pop song dans l’air du temps. Car il en est capable. S’il voulait prouver qu’il peut faire la même chose que les anglo-saxons, c’est réussi.

Ses musiciens font le job, et seul le batteur s’éclate, les autres étant plutôt discrets. D’ailleurs cela fait plaisir d’entendre un batteur jouer à la manière d’il y a 15 ans. Le rock a évolué depuis l’époque d’Eiffel, mais leur qualité les fera durer. Car ce que nous avons eu devant nous le temps d’un concert, c’est un chanteur de la stature d’un Bertrand Cantat, et qui a été le leader d’un groupe qui restera dans l’histoire des musiques populaires de la francophonie. Il a vraiment une façon de chanter qui lui est propre, et qui ne ressemble à personne d’autre. A aucun moment on se dit que c’est une copie d’un artiste plus célèbre. Non, il fait du Humeau, et ses collaborations avec Noir Désir, Domique A, Les Hurlements de Léo et Bernard Lavilliers n’ont pas modifié son style si personnel. Souhaitons qu’il revienne avec ce nouvel album sous le feu des projecteurs, car il le mérite plus qu’amplement.

Patrick Kuriakine

Pamela Hute & Why Elephant – O’Gib (Montreuil)– 19 janvier 2018.

Nous avons souhaité retourner voir et entendre Pamela Hute, artiste que nous aimons beaucoup à Indiepoprock. Et bien à chaque concert on constate un changement et une évolution, ce ne sont plus les mêmes arrangements, il n’y a plus de synthé, et nous avons entendus des versions différentes de ses chansons.

Visiblement ce groupe ne reste pas sur ses acquis, et ce qui fait l’intérêt musical c’est que leur guitariste soliste apporte une solution technique personnelle à la question récurrente dans le rock des deux guitares, rythmique et soliste. Lorsque nous les avons vus en 2017, il donnait dans l’indé le plus pointu et il est passé à un jeu plus rythmique. Ce n’est pas encore du Franz Ferdinand mais cela va dans cette direction. Sans ce musicien, ce serait un groupe pop comme il faut, bon mais sans originalité. C’est le Monsieur Plus de Pamela Hute ! Nous nous permettons d’insister sur ce point car c’est ce qui fait la différence entre ce groupe et les autres. En tout cas, c’est de la bonne pop à l’anglaise, dans la même veine que Black Honey. On se surprend à reconnaître ses mélodies d’un concert à l’autre. Le plus accrocheur s’appelle radio et justement c’est un titre qui mérite de passer sur les radios FM, tant il a toutes les qualités d’un hit populaire. Mais que font les programmateurs ?

En première partie avons eu l’occasion de découvrir un duo de qualité, Why Elephant, qui se présente accompagné d’une discrète boite à rythmes. Leur style est assez américain, teinté de folk et de blues. Leur minimalisme sied aux petits lieux et leur chanteuse est plutôt crédible. Une bonne voix et une guitare simple, mais cela passe bien.

Nous vous recommandons cette petite salle du bas Montreuil, installée dans un ancien restaurant, qui offre un petit espace avec une bonne sono. Une salle de plus à Montreuil, qui en compte déjà pas mal !

Patrick Kuriakine