Deportivo – La Maroquinerie (Paris-Ménilmontant) – 13 mars 2015

Deportivo fêtait ses dix ans d’activité sonore par une tournée française qui se terminait à Paris par ce concert à la Maroquinerie. On peut s’interroger sur le choix de cette petite salle de Ménilmontant pour un grand nom du rock français. Deux ans après l’album Domino il n’y avait pas de promo à faire, mais le groupe a manifestement voulu créer un évènement pour le public, ce soir-là enthousiaste et acquis au groupe dont il connaissait les chansons par cœur. Ça faisait longtemps que nous n’avions pas constaté une telle ambiance festive lors d’un concert rock à Paris. Les fans du groupe se sont apparement mobilisés pour ne pas rater cette soirée. Le public a même envahi la scène, provoquant une interruption du spectacle (quelqu’un a débranché le guitariste).

Deportivo est une valeur sûre du rock, sa collaboration avec le breton Miossec a établi un pont entre rock et chanson francophone, avec laquelle le groupe nous a réconcilié par ses textes et son chant, comme l’avaient fait avant eux Louise Attaque, et dix ans après ses débuts il se pose comme une évidence d’un calendrier rock qui manque un peu de renouvellement, car on a assisté cette saison à des retours de groupes âgés plus qu’à une effervescence de nouveaux groupes.

On regrettera cependant la ressemblance trop importante entre les différents titres du set de ce soir, qui commençait par 1000 Moi-Même, et aussi le passage à vide de la partie chantée en anglais qui ne rend pas justice à leur talent, manifeste au début et à la fin du concert. Car Déportivo brille par ses compositions que vous avez forcément entendu au cours des années 2000, même si vous écoutiez à l’époque autre chose que du rock, ce qu’on vous pardonne. En effet les chansons du groupe ont largement été diffusées sur les radios FM, qui annonçaient ce concert parisien.

Les quelques spectateurs présents ont pu bénéficier d’un show énergique et chaleureux, dans la bonne humeur, de la part d’artistes que l’on s’attendrait à voir jouer dans une grande salle, qui, nous leur souhaitons, sera plus approprié à leurs futurs passages dans la capitale. En tout cas, si pour eux le succès va et vient, décrivant un parcours en dents de scie ces dix dernières années, ils méritent amplement les grandes audiences. Rappelons qu’en 2014 ils avaient joué à la Cigale. Nous avons eu beaucoup de chance de les voir dans un si petit lieu. Nous pourrons dire : « nous y étions ».

Patrick Kuriakine