Trentemoller – l’Élysée-Montmartre – 31 janvier 2017

Trentemoller est connu du public rock pour un remix électro d’un titre du groupe Savages et c’est ce qui nous amené à aller le voir se produire en live en pleine semaine dans une salle parisienne.

. Avec ce concert de cet artiste électro, on ne pourra plus nous accuser de ne pas être ouverts. C’est en effet très loin du rock, et même loin de l’électro-pop de 2017 ou de Dépêche Mode. Nous avons assisté ce mardi à un set de musique électronique expérimentale. En même temps, il y a eu plus radical avec l’électro-indus que l’on pouvait entendre chez les gothiques.

Ce qu’on peur reprocher à ce genre de performance, indépendament de tout jugement de valeur, c’est qu’il s’agit d’une musique qui s’écoute assis, et nous ne voyons pas très bien l’utilité de rassembler un millier de personnes dans une salle de concert pour une telle scéance. Au 104, on est assis sur des sièges. Nous avons entendu la même chose en petit comité il y a dix ans, il n’y a absolument rien pour les yeux, ce n’est pas uns show, et il ne se passe rien dans la salle. On pourrait très bien écouter le travail de Trentemoller dans son salon sans avoir besoin de se déplacer en métro. Une autre dimension absente de cette musique, c’est celle de la danse. Il existe pourtant des musques électroniques dansantes.

Il y a cependant un point commun avec le rock, c’est l’omniprésence tout au long des morceaux d’une basse soutenue et bourdonnante. Par contre, il n’y a pas souvent de drums, et les beats utilisés sont pauvres par rapport à ce qui se fait à notre époque. Nous ne voulons pas vous dissuader d’écouter ce genre de musique électronique, nous voulons seulement exprimer qu’une salle de concert prévue initialement pour d’autres musiques n’est pas un endroit approprié. En tout cas, cela nous aura permis de découvrir l’Elysée-Montmartre après travaux de réfection et cette salle est de nouveau fonctionnelle. Elle a retrouvé son cachet et son charme d’antant. Voilà déjà une bonne nouvelle pour les parisiens et les artistes.

Patrick Kuriakine

Luke Elliot – Théatre les Etoiles – le 26 janvier 2017

Le Théatre les etoiles nous a été présenté comme une nouvelle salle de concerts à Paris. En fait, il s’agit d’une salle de spectacle qui existe depuis le 19è siècle et qui programme depuis très récemment des concerts de rock.

Luke Elliot est un chanteur Américain, natif de Princeton dans l’Etat du New-Jersey et qui joue du piano dans le style de Jerry Lee Lewis. Il est acompagné par des musiciens super efficaces. Sa prestation scénique a de la tenue, et il montre en live qu’il est un artiste de premier plan. Sa voix fait penser à celle de Nick Cave. Nous avons fait ce soir une découverte et on reparlera longtemps de Luke Elliot. Il montre en concert que les USA ont su garder le lien avec une tradition musicale du 20è siècle et que le musique électrique est fort différente de celle des britanniques. Ce sont deux chemins bien distincts. Nous avons éprouvé le grand frisson ce soir-là, car nous avons vu et entendu un live de grande qualité, une musique sophistiquée et furieusemet indé même si elle plonge dans les racines du rock’n’roll. On parlais autrefois d’adult-rock et nous reprendrions bien ce terme pour décrire cette musique qui a attiré un public agé et bien habillé. On se serait cru à un concert de jazz !

La presse et les photographes étaient au rendez-vous, ce qui nous ouvre une espoir de voir le rock indé dans les colonnes des journaux, ce qui jusique là était plutôt rare. Cela ne nous vexe pas, au contraire, nous aimerions bien que les journalistes de la presse sérieuse retrouvent le chemin des concerts de rock et soient là avec nous dans les bars et les clubs pour témoigner de la vitalité des musiques qu’on aime.

Patrick Kuriakine

Black Honey – le Pop-Up du Label – 23 janvier 2017

Nous étions à l’affût de groupes britanniques après ce fameux Brexit, histoire de voir s’ils allaient toujours venir nous rendre visite malgré les évènements politiques. Ce n’est pas une plaisanterie, il est légitime de se poser la question des conséquences culturelles de ce référendum. Et bien notre attention a été attirée par le groupe Black Honey, qui a traversé la manche pour une tournée européenne passant par Paris.

C’est dans la désormais fameuse cave du Pop-Up Du Label, rue Abel dans le 12è arrondissement, juste à côté de la gare de Lyon, que nous avons pu apprécier leur répertoire sur la petite scène. L’année commence avec un vrai concert d’un vrai groupe de quatre musiciens dont une chanteuse-guitariste blonde et dynamique. Le concert démarre en trombe, sans prévenir, et ils enchaînent les titres comme sur un album, sans la moindre digression ni improvisation. C’est the real thing, un vrai groupe de rock pêchu et mélodique tout à la fois. Leur set dépote, le batteur cogne comme il faut, le bassiste est correct, et la chanteuse tient la scène avec un charisme certain. Le lead guitariste a un jeu étrange, garage-psyché, comme s’il jouait des parties de clavier. En tout cas, ça sonne et les mélodies sont là, avec un côté faussement naïf comme la pop des années 60 ou Gwen Stephani de No Doubt, qui avait elle aussi ce côté évident. Il y a le même charme que dans un groupe de power-pop, tout en étant plus pur au niveau des instruments. La rythmique basse-batterie est implacable et assure comme ce devrait être tout le temps le cas dans un set live. Ce concert nous fait voir que les britanniques sont toujours à la hauteur et que loin des hypes et des modes éphémères il y a toujours en Grande-Bretagne des groupes de rock dignes de ce nom. Nous sommes tombés sur ce concert et ce groupe par hasard, personne ne nous en avait parlé, et nous sommes bien tombés. Ils ont des titres phares qui sont susceptibles de passer en radio, ou tout du moins de rester dans vos mémoires, et un sens aigü de la mélodie.

Patrick Kuriakine