The Absolute Never – Le Supersonic – 16 décembre 2017

Nous sommes partis en exploration vers des territoires musicaux inconnus jusqu’alors. Le Supersonic, agréable club du quartier Bastille à Paris proposait une soirée « noise » avec trois groupes à l’affiche. Deux seulement correspondaient à ce thème : The Absolute Never et Enob. Nous préférons passer sous silence la tête d’affiche.

Un groupe a retenu notre attention, celui qui jouait en premier, The Absolute Never. C’est un duo guitare-batterie et c’est le guitariste Erwan Guennec qui chante. Pour être radical et non conventionnel, cela nous rappelle quand même des choses, en particulier Nirvana pour le jeu du drummer. Mais ce n’est pas un groupe au complet. C’est un guitariste avec une énergie et une présence remarquable accompagné par un batteur qui qui ponctue librement ce que fait son compère. Ce n’est pas banal, et cela sonne. Nous aimons bien ces duos sans basse. On a parlé de Post-Rock à leur sujet, effectivement c’est au-delà du rock mais ce n’est pas atmosphérique pour autant. Retenez le nom de ce gars.

Le vrai groupe noise, ce fut le suivant, Enob, moins percutant cependant malgré l’originalité de leur musique. C’est très travaillé et hors des sentiers battus. Les guitaristes font des trucs que je n’ai jamais entendus ailleurs. Le chant, par contre, est une vocifération comme il en existe dans le métal, le gars est en colère. Nous préférons les mélodies. Mais dans l’ensemble nous n’avons aucun regret, nous ne nous sommes pas ennuyés même si c’est très expérimental et dissonant.

Donc nous nous sommes offerts une soirée expérimentale et arty pur nous décrasser les oreilles et nous ne regrettons pas cette visite inopinée à un lieu où nous retournerons.

Patrick Kuriakine

The Limiñanas – La Maroquinerie – 07 Décembre 2017

Nous avions annoncé ce concert sur notre site et nous sommes contents que l’on parle aujourd’hui d’un style de rock radical et non-commercial comme le garage-psyché.

Oui, radical, car cette musique proposée par The Limiñanas est barrée et audacieuse. En gros, le pivot du groupe fait tourner deux accords sur un beat primaire pour permettre aux participants à l’expérience de jeter de la fuzz et des parties de clavier kitch. Certes on peut trouver cela un peu pauvre. Musicalement, c’est une Jam qui permet à chaque musicien de s’exprimer et pas des pop-songs à l’anglaise. C’est un son et des variations d’intensité. On vient là pour en prendre plein les oreilles.

C’est l’ensemble qui fait l’intérêt plus que les parties de chaque instrumentiste. Le charme vient d’une couleur sonore et du chant de Marie et du nouveau chanteur mâle qui les a rejoints récemment.

En fait c’est très noise et psyché-rock plus que vraiment garage. Ce sont de doux dingues qui occupent un créneau pas vraiment grand-public. C’est pour cela qu’il est réjouissant de voir qu’ils ont du succès et de la presse. Il y avait du beau monde à ce concert, Philippe Manœuvre faisant le DJ au bar de la Maroquinerie. Les curieux se sont déplacés. Par contre, ce qui n’est pas sympa du tout, c’est qu’ils étaient seuls à l’affiche, sans première partie comme le veut pourtant la tradition du rock à Paris.

Sur scène, ils sont nombreux, et c’est plus un collectif expérimental qu’un groupe de rock canonique : trois guitares, un clavier, deux chants, et leur batteuse qui martèle imperturbablement ses fûts. Ils ont joué leurs titre phares : Betty, Down Underground, Malamore, Prisunic, et ont terminé en rappel par leur reprise de Russian Roulette des Lords Of The New Church. Ce qui est intéressant, c’est qu’ils parviennent à faire vivre leur histoire avec peu de moyens et peu de technique, sans jamais paraître ennuyeux et limités. C’est tout le contraire du jazz-rock, il y a un son, de la chair et de la texture, et les guitares envoient réellement.

Nous trouvons positif que le rock se réapproprie son histoire et fasse des flash-back sur ses courants les plus obscurs. Il y a quand même par moments une ressemblance avec le Velvet Underground et le psychédélisme français d’époque grâce au chant et aux textes. Ce groupe donne envie de jouer du rock et de faire quelque chose sans avoir besoin d’être un instrumentiste monstrueux. Ce concert parisien est de bon augure pour la musique en France car pendant longtemps cette musique est restée confidentielle. Aujourd’hui, il est en pleine lumière et le groupe de Perpignan prévoit un nouvel album en 2018 et un concert en mars dans une salle plus grande, le Trianon, toujours à Paris.

Patrick Kuriakine