Les Daltons – L’Alimentari (Paris) – le 26 mai 2017

Ce concert dans la cave d’un restaurant de Ménilmontant était gratuit et annoncé seulement sur Facebook. Pourtant, la salle était presque vide, il y avait à tout casser 30 personnes pour voir le groupe parisien Les Daltons et entendre mixer le DJ Baldo, grand spécialiste du garage-rock.

Ce concert est une surprise musicale, car les Daltons sont un vieux groupe qui a commencé il y a fort longtemps, en même temps que les Wampas, qui figuraient sur le même label indépendant Creepy Crawly. C’est une surprise car ils ont su se renouveler et ils vieillissent plutôt bien. Ils se présentent comme « les branleurs des années 80 » et leur style a bien changé depuis cette époque. Fini le rock’n’roll sauvage et hyper énergique, ils proposent désormais au public un rock calme et élégant, avec de très bons textes en français, qui correspond plus que par le passé à la ligne d’Indiepoprock, sinon nous n’en aurions pas parlé. Leur album « Objet Ancien » a reçu un bon accueil de la presse et nous l’avons acheté lors de ce concert, tant leur prestation nous a convaincue. Cela fait longtemps que nous écoutons ce disque et que nous cherchons une occasion d’aller les voir en live.

Récemment ils ont joué au Gibus en première partie du groupe punk Les Olivenstein’s, mais ce n’est pas un groupe punk, car ils sonnent actuel malgré leur cinquantaine tapante. Sur certains morceaux on trouve effectivement une basse new-wave, sans pour autant verser dans le post-punk, les influences restent discrètes. Patrick Williams, la figure de proue du groupe, récite ses textes plus qu’il ne chante et pourtant cela passe comme une lettre à la poste et ce n’est pas désagréable.

Leurs morceaux, à force d’écoute, nous sont entrés dans la tête et nous connaissons les titres phares de leur set :  Costume de merde, Jeunesse perdue, CDD qui est plus social, et Picasso, chanson sur le fameux peintre du XXè siècle.

Nous regrettons qu’il y ait eu aussi peu de public pour ce qui était l’inauguration d’un nouveau lieu parisien, comme quoi il existe toujours dans la capitale des espaces où l’on peut organiser des concerts.

Patrick Kuriakine

Kane Strang + White – La Boule Noire (Paris) – le 24 Mai 2017

Nous sommes allés voir l’artiste Kane Strang en concert pour deux raisons : la première est de revoir la petite salle de Pigalle qui jouxte la Cigale. Eh bien, elle n’a pas changé ! En effet, nous l’avons connue par le passé et nous rassurons le public : elle est intacte. Ce ne sont plus les mêmes employés ni les mêmes videurs, mais ils sont agréables malgré le fait que nous soyons en période d’attentats et donc peu propice aux spectacles parisiens.

La deuxième raison est purement musicale : nous avons voulu coller à ce qui se fait aujourd’hui et à ce que nous pouvons entendre à la radio dans la catégorie indé. Indé, c’est ce que nous pouvons dire de Kane Strang qui jouait en lever de rideau du groupe White que nous avons découvert à l’occasion. Pour être franc, c’est un recentrage sur les tendances actuelles.

Parlons d’abord de Kane Strang : il était ce soir accompagné d’un combo batterie, basse et guitare. Manifestement et à l’écoute, ils ne jouent pas ensemble depuis très longtemps. Ils sont hésitants et jeunes, malgré le son qui est ce que nous attendons, surtout à la guitare. Ils ont bien le son que nous avions identifié fin 2016. Leurs compositions ont du charme, et ne sont pas désagréables même si nous avons entendu mieux avec l’album du groupe Diiv, chroniqué sur ce site. Nous sommes venus pour eux, et nous avons pu constater qu’il y a encore du travail à fournir pour emporter l’adhésion.

En tête d’affiche il y avait les Ecossais du groupe White, moins timides et plus pop. C’est un groupe dans l’air du temps. Ce qui veut dire que ce n’est pas ce que nous avons entendu de mieux cette année, mis ce n’est pas non plus mauvais. Seulement conforme à ce que font beaucoup de groupes actuels. On pourrait appeler cela du Glam-Disco-Pop, car pour un musicien il s’agit de rythmiques disco-funky avec un chant différent. C’est un bon chanteur de pop qui a suffisamment de voix pour pouvoir chanter du heavy-metal si l’envie lui en prenait. Techniquement, ce qu’ils jouent est simple, mais là n’est pas la question, nous ne nous attendons pas à du jazz-rock. Ce groupe indisposera les puristes mais il passera très bien auprès d’un public habitué aux dancefloors. C’est d’ailleurs à la fin du concert que ça devient très bon, lorsqu’ils lâchent enfin le beat discoïde pour des rythmes plus lents qui leur réussissent mieux. Cela devient alors plus sympathique. C’est vrai que la batteuse du groupe joue la même figure rythmique pendant la majeure partie du set. Mais cette tendance au disco-funky est, nous l’avons dit, très répandue actuellement, ne serait-ce que chez Foals et Kasabian. Difficile alors de l’ignorer.

Patrick Kuriakine