Gaz Coombes – la Gaité Lyrique (Paris) – 10 octobre 2015

La Gaité Lyrique est une belle salle, moderne et bien équipée, qui rappelle un peu Beaubourg par sa déco résolument moderniste. On s’y sent bien, on n’a pas l’impression comme dans d’autres endroits d’arriver dans un bouge mais plutôt dans un musée.

C’est un peu à une soirée au musée que nous vous convions avec ce concert de Gaz Coombes, ancien chanteur du groupe brit-pop Supergrass. Mais pas de nostalgie déplacée, le chanteur d’Oxford va de l’avant et nous propose des chansons issues de ses deux albums solo, dont le plus récent, Matador, est sorti cette année. Pas de reprise de Supergrass donc, comme nous l’espèrions secrètement, mais un show en demi-teinte qui nous a rassuré sur le personnage. Après un première partie rigolote mais pénible aux oreilles, assurée par un groupe formé par les accompagnateurs du chanteur, voici que celui que nous attendions apparait sur scène. Les deux premiers morceaux nous font nous étonner : ce que nous entendons ressemble à du sous Noël Gallagher, nous laissant l’impression d’écouter la radio. Pas désagréable, mais ce n’est pas ce que nous sommes venus voir. Puis s’ensuit un passage incertain, où l’on attend en vain qu’il se passe quelque chose. Ce n’est pas que ses chansons qui sont en cause, car si les mélodies sonnent curieusement l’interprêtation qu’il en donne est manièrée et les musiciens font le minimum syndical. Ils sont effacés, accompagnant les chansons du leader qui ne nous présente pas un groupe, pas même un faux groupe, mais nous offre son ego et ses vocalises avec un fond musical. Il faudra attendre le huitième titre, soit la moitié du concert, pour que la sauce prenne et que les musiciens se réveillent. Et là, Ok, nous assistons à une deuxième partie de concert digne de sa réputation et satisfaisant nos attentes. Gaz Coombes a un certain lyrisme, c’est un chanteur à voix, et sa voix se mêlant aux instruments passe comme une lettre à la poste, son lyrisme est bien servi par ses musiciens qui auront attendu pour mettre la gomme. Pour nous le concert a réellement démarré au huitième titre, et notre patience fut récompensée par une belle brochette de chansons qui amena un rappel et les applaudissements du public.

Patrick Kuriakine

Lady Lamb – le Pop Up du Label (Paris) – 05 octobre 2015

La petite salle du Pop Up Du Label était pleine ce lundi soir pour l’unique concert parisien de la chanteuse américaine Lady Lamb, et il nous a fallu faire la queue pour entrer tant il y avait de monde.

Et cette affluence est justifiée, comme nous allons esssayer de vous le montrer dans la suite de cet article.

L’artiste poursuivait par ce passage dans la capitale sa tournée européenne des clubs avant de repartir aux USA. C’était son unique date en France et vous ne pourrez pas la voir dans nos contrées avant un an. Retenez bien son nom et guettez ses apparitions scéniques.

Elle commence le concert par une chanson a capella, histoire de poser les choses : elle est une chanteuse avant tout, et si elle s’accompagne à la guitare elle ne fait pas preuve de virtuosité ni de démonstration. C’est une lointaine héritière de Janis Joplin, une belle voix chaude et expressive, et si l’instrumentation est folk, les mélodies sont pop-rock et on imagine sans mal ce que ça donnerait si elle était accompagnée d’un batteur et d’un bassiste : un fantastique groupe comme la Grande-Bretagne nous en donne depuis plusieurs décénnies. Elle aura réussi à nous tenir en haleine avec cette formation minimale, nous captivant par son chant et ses compositions. Car elle écrit de superbes pop songs qui se mémorisent aisément et elle a, en plus de sa voix, un talent de songwriter. Oubliez Lady Gaga et écoutez cette autre Lady, de son vrai nom Aly Spaltro, qui elle est jolie en plus d’être douée. Elle a déjà deux albums à son actif et a commencé sa carrière en 2007. Il n’y a qu’une seule lady dans nos cœurs, et c’est Lady Lamb.

Patrick Kuriakine