Peter Hook And The Light – Le Trianon – 28 Octobre 2017

Le Post-Punk est à notre avis un bon moyen pour le rock de se ressourcer dans un courant qui n’hésitait pas à innover et à travailler le son et les climats. Acteur majeur des années 80 avec le groupe Joy division, devenu New Order suite au décès de leur chanteur Ian Curtis, Peter Hook est de retour avec un vrai groupe pour le plus grand plaisir du public parisien.

Il ne joue plus comme lors de son précédent passage à Paris la carte de la nostalgie, une vague qui nous a submergé faisant oublier les musiques actuelles. Il nous propose un nouveau projet live qui a de quoi satisfaire plusieurs publics, et qui n’est plus seulement un hommage à Ian Curtis. Oh, que les fans se rassurent, cette période est bien représentée. L’ancien bassiste de ces deux groupes importants nous propose deux parties, deux sets comme on dit. Le premier est dans une veine pop-dance largement imprégnée par son expérience de la house music à Manchester et à Ibiza. C’est assez agréable, on se croirait en discothèque, et en fait le public adhère à cette pop de boîte de nuit qui n’est finalement qu’un prolongement de ce que faisait New Order. Cela plaira à tous ceux qui écoutent aujourd’hui de l’électro. Peter hook fait danser les gothiques présents et un public plutôt agé !

Après une pause, le groupe entame le deuxième set, qui reprend le répertoire des deux premiers albums de Joy Division, ce qui fait en fait deux concerts pour le prix d’un ! Peter ne joue pratiquement plus de basse, c’est son fils Jake Bates qui assure fidèlement les lignes de basse, avec le même son et le même style. Une information pour les bassistes : The Light utilise des amplis anglais Trace Elliot. Peter chante, et à la manière de son défunt collègue. A la guitare, il y a un nouveau venu, David Potts, qui remplace Nat Wason, parti en juillet 2013. Le clavier est tenu par Andy Pôle et la batterie par Paul Kehoe. C’est un groupe à l’ancienne, qui joue impeccablement des morceaux qui ont toujours la même capacité à nous émouvoir. Les textes ne sont pas en reste, ils ont du sens et Peter n’est pas indifférent à la situation actuelle de la Grande-Bretagne. Sa diction permet de comprendre ce qu’il chante, ce qui n’est pas toujours le cas des artistes britanniques. Cette diction est d’ailleurs un des points forts de ses chansons.

Peter Hook est donc le chanteur et le front man d’un groupe qui maîtrise son sujet, et qui a la capacité de proposer quelque chose de plus que des reprises d’un ancien répertoire. Par contre, s’il a bouleversé la pop et le rock il y a 40 ans, il n’y aura plus le même effet de surprise.

Patrick Kuriakine

The Sherlocks – la Mécanique Ondulatoire – le 17 Octobre 2017

Attention Talent : The Sherlocks sont un jeune groupe de Sheffield et c’est du sérieux. Ils ont la relève du rock britannique et c’est une tuerie.

Ces 4 gamins électriques ont sorti leur premier album cet été et c’est ce qu’ils nous ont donné à entendre ce soir. Et nous n’avons pas regretté nos 10 euros, car c’est un excellent groupe, qui joue un rock puissant et élégant. Leur rythmique rappelera des choses aux plus agés, mais c’est bien de la musique de 2017. Leurs mélodies sont remarquables et c’est du jamais entendu. C’est jeunes ont un don, c’est clair. Ils jouent pied au plancher en donnant tout ce qu’ils ont à donner, et ne ralentissent que pour une ballade à la douze cordes. Ils ont aussi un morceau dont les arpèges ressemblent à ceux de Dear Prudence des Beatles. Voix impeccable, guitares énervées, basse basique et batteur qui aurait pu jouer dans The Clash. Ils proposent une musique que les punks ne sont plus capables de faire, sans artifices ni tapage médiatique. Pas de hype ni de pose, juste un excellent groupe de rock britannique. S’ils ne cartonnent pas, c’est qu’il y a un gros problème.

En première partie il y avait un groupe français étonnement bon, Harem Night. Ils ont le son et une bonne chanteuse, et c’est la première fois que nous en entendions parler. L’automne est une belle saison.

Patrick Kuriakine