Steve Gunn – Le Batofar (Paris 13è) – 18 mai 2016

18Nous sommes retournés au Batofar qui est une petite salle à la programmation pointue et de qualité pour faire encore une découverte. Mais cette fois-ci nous n’avons pas vu le nouveau visage du rock mais un artiste qui semble tout droit sorti des seventies.

Steve Gunn est un chanteur-guitariste new-yorkais, qui a en d’autre temps accompagné Kurt Vile. On dirait que pour lui le temps s’est arrêté. Non pas que ce soit mauvais, loin de là, mais son style est hors des tendances et des vagues successives qui ont marqué la musique électrifiée depuis 1972. Comme nous avons écouté des disques de cette époque, cela ne nous dérange pas, et nous vous invitons à jeter une oreille sur ce qui se faisait à une autre époque. Jorma kaukonen n’est pas loin. Ce n’est pas du folk, mais bel est bien du rock tel qu’il se pratiquait peu de temps après le festival de Woodstock. Pour qui aime les guitares, c’est un régal, car il a un beau jeu et une belle voix, et c’est un bon songwriter. On sent bien que le rock actuel ne vient pas de nulle part, et qu’il a un passé. Ce concert aura été un flash-back de plus de 40 ans. Nous aurions préféré quelque chose de plus folk où de plus contemporain, mais il y a encore des fans des seventies et il est toujours bon de savoir d’où on vient. A l’heure des reformations et du vintage, nous avons été agréablement surpris par cette personnalité qui poursuit son chemin hors des tendances. C’est un artiste rare, et qui n’est pas promis à une vaste renommée. Mais c’est une bonne musique, même si elle est datée. Cet artiste qui se produit encore est à voir pour qui voudrait savoir à quoi ressemblait le rock il y a quelques générations..

Patrick Kuriakine

Lonely The Brave – le Pop Up Du Label (Paris) -14 mai 2016

Lonely The Brave passait par Paris dans la cave du Pop-Up du Label pour promouvoir son deuxième album et nous avons profité de l’occasion pour les revoir sur scène. La première fois que nous les avions vu, c’était au Point Ephémère dans le 10è arrondissement. Ce groupe est une énigme : profondément original, il joue un rock comme nous n’en avons pas entendu depuis bien longtemps.

En effet, cela faisait des années que nous cherchions des artistes qui sortent des sentiers battus et de ce qui se fait couramment en rock. C’est le guitariste Mark Trotter qui tient le devant de la scène, le chanteur restant sur le côté comme un cuivre, ce qui est une bonne image car sa voix est un élément du groupe parmi d’autres. C’est inhabituel mais pas choquant . Le set est cohérent et ils ont un style à eux, même s’ils revendiquent une influence des Deftones. On notera néanmoins que leur nouveau répertoire est plus conventionnel et pourra convenir aux inconditionnels des Stooges. Rythmes plus rapides, guitares moins sophistiquées, ce concert nous a surpris après une journée passée à réécouter le premier album. Ils sont annoncés cet été dans de nombreux festivals comme le Main Square à Arras, ainsi qu’en Allemagne et en Suisse, ce qui veut dire que vous pourrez les voir et que cette année ils ne font pas qu’un passage éclair dans la capitale française. Ils commencent à prendre de l’ampleur et à intéresser le public. Ainsi, ce soir au Pop-Up, les gens connaissaient leurs chansons et ne venaient pas par curiosité. Lonely The Brave commence à avoir des fans en France. Ouf, on commençait à se poser des questions et à douter. Nous jetterons désormais une oreille sur les production alternative rock car les choses sont manifestement en train de bouger.

Patrick Kuriakine