Silk ( La Soie Sauvage)

Après un premier album (« Seconde Nature ») hésitant entre rock et chanson, la chanteuse Iojik opte clairement pour le rock avec son deuxième opus Sil,k – la soie sauvage.

Après un premier album (« Seconde Nature ») hésitant entre rock et chanson, la chanteuse Iojik opte clairement pour le rock avec son deuxième opus « Sil,k – La Soie Sauvage ». On ne peut que se féliciter de ce choix, qui vient confirmer sa démarche d’indépendance entamée dans les années 2000 avec le groupe Simili Skaï  dont elle reprend « Marcher Sur La Lune » dans une version qui ici frise le hard rock, bien éloignée de ce que j’avais entendu dans un bar de Ménilmontant en 2002. Ce nouvel album solo de Iojik évolue dans une ambiance mélancolique et féminine faite de ballades (sil,kElle M’aimeStill You’re WantingTraversons La Voie Lactée et le splendide Ce N’est Qu’un Extérieur) et de titres mid tempo (Sentir, Marcher Sur La Lune).  Il n’y a qu’un morceau au tempo rapide, Les Fées, avec ses réminiscences de The Clash, un rappel de son passé en tant que pianiste du groupe punk Les Cafards. L’ensemble est agréable, le propos est original et poétique, Nous regretterons seulement que la guitare soit parfois bavarde. Iojik chante aussi bien en anglais qu’en français, parfois dans les deux langues,  et cela l’éloigne d’éventuelles tentations chanson française.  Aussi à l’aise sur une ballade que sur un rock furieux, sa voix s’impose au fil de l’album en restant rock et mélodique. On aimerait un plus gros label et plus de moyens à cette chanteuse talentueuse. Nos titres préférés: Ce N’est Qu’Un Extéreiur, In a Boat, Elle M’Aime, et le titre qui donne son nom à l’album, La Soie Sauvage.

We Need Medicine

Echappant de peu à la séparation, le groupe de Glasgow qui avait fracassé les charts avec « Chelsea Dagger » revient avec un nouvel album plus rock’n’roll que jamais.

Trois ans on passé entre le deuxième album « Here We Stand » et le retour sur scène des Fratellis. Trois ans d’errance, le groupe étant abandonné pour des projets solo du leader Jon Fratelli, qui avait même monté un nouveau groupe, Codeine Velvet Club. Et après une nouvelle série de concerts ensemble, les faux-frères des Fratellis se sont retrouvés en studio pendant trois semaines pour accoucher de ce « We Need Medicine » qui porte haut le flambeau du rock et rassure les amateurs d’énergie et d’électricité.  D’entrée de jeu, le décor est posé par le premier titre  Halloween Blues  et le fil conducteur de cet album est une plongée dans les racines du rock, notamment avec We need Medicine, qui donne son nom à l’album,  et  Jeannie Nitro, très 50’s. Le seul titre « moderne » est le troisième She’s Not Gone Yet But She’s Leaving que nous aurions bien vu en single. Le label BMG a préféré sortir en single Seven Nights Seven Days et son riff de guitare à la Duane Eddy. On continue avec Shotgun Shoes, qui évoque les Rolling Stones, et Whisky Saga et sa guitare à la Eddie Cochran.  Puis on passe à un morceau pop très Kinks,  This Is Not The End Of The World, qui voit un solo de bottleneck  guitar. Arrive ensuite Jeannie Nitro et ses harmonies vocales très réussies et son orgue Farfisa. On note un solo de guitare surprenant.

On retrouve le bottleneck sur le blues We Need Medicine, puis on passe à la seule ballade de cet album aux tempo rapides avec Rock’n’Roll Will Break Your Heart, une pure merveille. L’album se termine par  un morceau  aux accents gospel, Until She Saves My Soul.

Les amateurs de guitare électrique seront comblés par ce disque. Jon Fratelli n’est pas un guitar-hero mais il a le niveau pour figurer dans les magazines pour guitaristes, il a un jeu intéressant bien qu’ultra respectueux des racines. Les Fratellis ne sont pas un éphémère phénomène des charts anglais. S’ils tiennent bon, ils sont là pour longtemps. Ils jouent bien, délivrent de bonnes chansons, ont les pieds ancrés dans les classiques du rock, et font preuve d’une énergie communicative. Cela nous convient.

Those Years

L’écho favorable rencontré par Savages met en lumière des groupes se définissant comme post-punk. Est-ce là une porte ouverte aux abus ou l’amorce d’une vague ?

Là où Savages réussit son coup, d’autres, moins doués, se ramassent en beauté. Témoin ce groupe Dexist, originaire de Barcelone, revendiquant ouvertement d’être influencé par les années 80 et se définissant sur son site comme groupe post-punk et darkwave.

Eh oui, ce disque nous rappelle plus les artistes gothiques qu’autre chose, et s’adresse à notre avis à un public goth averti plutôt qu’à un public rock. Mais si les parties instrumentales sont intéressantes, le chant caverneux est profondément énervant. Le phrasé du chanteur est aussi poli que celui d’un groupe de punks not dead, si l’on compare avec la période de référence. N’est pas Sisters of Mercy ou Bauhaus qui veut, ces groupes ayant un chanteur hors du commun. Les arpèges de guitare façon Public Image Ltd première période (sur This Night Will Be Great) n’y feront rien. Oh il y a des amateurs pour ce style de musique et cette façon de chanter, nous le savons bien. Mais Dexist ne sort pas du ghetto et ne dépasse pas le périmètre défini. Il atteint son objectif, qui est de sonner comme un vieux groupe de ce qu’on appelait alors la cold wave européenne, c’est clair.

Cette musique n’est pas sans charme, le climat est plaisant, et l’énergie est là, et c’est un autre des points positifs de Dexist. Mais ce disque est trop tribal.

Warum Joe – Le Picolo (ST-Ouen)- 02 novembre 2013

Que reste-t-il des années 80 à part les disques et les archives ? Le temps est cruel, les groupes se sont séparés, les salles ont fermé (Fahrenheit, Arapaho, Locomotive, Elysée Montmartre), il n’y a pas grand-chose de stable. Et pourtant, les irréductibles Barrocks continuent depuis 1984 à organiser des concerts dans des bars et autres lieux improbables. Dans une ambiance conviviale et rock’n’roll, ils se sont spécialisés dans le punk-rock et dans une moindre mesure le garage rock.

Ce samedi 02/11/2013 ils programmaient un autre vétéran français du rock, à savoir le groupe synth-punk Warum Joe, formé en 1981. Il est drôle de revoir ces rockers aujourd’hui avec les cheveux gris, délivrer la même musique qu’il y a 10, 20 ou 30 ans. Leur musique repose sur une formule simple : un riff des Ramones, Damned ou même gun Club (sur » Kurt Beat »), une grosse boite à rythme, un synthé vrombissant et des samples intello, une structure couplet –refrain et l’affaire est emballée en 2 :30. Sur cette trame viennent se poser des textes à l’humour noir, intelligents et qui doivent amener le spectateur à la réflexion. Ce qui était des innovations rarissimes est aujourd’hui totalement accepté, la musique ayant intégré la technologie au-delà des expérimentations des pionniers.

Warum Joe, lui , n’a pas bougé de sa ligne, le concert de ce soir aurait pu avoir lieu à une autre époque. Warum Joe a sorti son dernier album en 2003 et depuis se produit une fois de temps en temps dans des petits lieux de l’undergound punk (la miroiterie en 2001), ce soir le bar le Picolo. La salle est pleine, les fans dansent, tout le monde est content de voir ou de revoir une légende vivante.

Le set commence par Datcha, l’un des morceaux les plus polémique du groupe, et l’un de ses plus anciens, et il faut attendre un quart d’heure pour entendre le magnifique EP « Electrolyse » et les titres de l’album de 1984 Tocarre La Verita comme « Le Camionneur ». Rien du splendide album «La Méthode Du Discours » de 1986 . Nous restons sur notre faim malgré l’efficacité du set.

Quelques problèmes de sono, le groupe n’étant pas à l’aise dans un bar, il lui faut des salles de concert et une balance pour être d’équerre. Mais on oubliera ces imperfections pour retenir une soirée sympa, complètement nostalgique et où on retrouvé le passé tel qu’on l’avait laissé, et une version live de nos archives sonores.

En première partie il y avait Jimi Ben Band, un bon groupe de gare rock aux vocaux décalés, et Flying Over, du punk-rock vintage avec guitare Rickenbacker, on adore !

Patrick Kuriakine