Second Hand Sound – Burnout

En cette période de flottement et d’incertitude pour les industries culturelles en général et la musique en particulier, l’actualité n’en reste pas moins foisonnante. Au milieu, un mini-album 5 titres d’un groupe indé de Nashville, Second Hand Sound.

Leur nom semble être un bon programme, mais leur son n’est pas de deuxième main. Il est actuel, malgré des tics rétro à la batterie ! Ils ont aussi un côté rock héroïque, bien produit et impeccablement joué.
Le EP débute par le titre Pocket Change, qui pourrait donner une fausse idée de l’ensemble car c’est un morceau rock tout ce qu’il y a de classique. Mais avec le second, It’s Alright, c’est l’éblouissement. Ce morceau est dansant, terriblement efficace avec ce mixage aéré qui laisse paraitre basse et batterie sans les recouvrir d’un mur de guitares. Guitares aériennes s’il en est. Le seul reproche à faire à ce super single, sa durée, trop étirée (5 :01).

Le titre suivant, Balloons, n’est pas en reste, malgré son côté plus brut et la simplicité de ses guitares. Ce qui fait deux excellents morceaux. Et le groupe continue sur cette bonne voie avec Kayla Klein, notamment avec son refrain imparable. Sur ce titre aussi les guitares sont top. C’est également le cas sur le dernier morceau, Where You Put Your Love. Le chant est nuancé, même si le gars a une voix puissante. Il s’appelle Sawyer Estok, et ne les ayant pas vus sur scène nous ne pouvons pas dire grand-chose de ses performances en live.

Ce que nous pouvons dire, en revanche, c’est que ce mini-album est fort bon et qu’il comporte des titres super forts ! Ce groupe est actif depuis 2018 et les musiciens se sont rencontrés à l’université de Belmont, et nous espérons bien les voir en live après les vacances d’été.

Mathias Korn et Ariel Sharratt – Never Work

Ce duo de vocalistes est né d’un groupe indie qui s’appelle The Burning Hell, dont ils sont tous deux membres en tant qu’instrumentistes. Ils ont sorti au printemps ce nouvel album de folk rock. Guitare et chant en sont la charpente. Ils nous proposent des chansons intimistes, belles et agréablement chantées.

Ce qui frappe, c’est la beauté du chant à deux voix, masculine de Mathias Korn, et féminine d’Ariel Sharratt, en particulier sur le titre I Don’t Mind Failing et sur le premier titre de l’album, qui lui donne son nom, Never Work, exceptionnel. Mathias Kom est à l’écriture mais il trouve en sa comparse féminine l’alter ego idéale pour donner vie à ses compositions.

Il entre de suite dans la tête et ne vous quitte plus, on se surprend à fredonner en cours d’écoute. Le second titre, Monitors, montre les capacités vocales d’Ariel Sharratt, le tout axxompagné d’un basson et d’un piano. Viens en troisième position un duo, avec un refrain qui s’envole.

A notre grande surprise, le titre qui vient ensuite, The Rich Stuff,  voit surgir une guitare électrique en plus de l’acoustique. Les voix sont en avant et nous entrent dans l’oreille tandis que les instruments sont en arrière-plan. Two Jeffs est simple et superbe, les deux vocalistes sont vraiment à l’aise, les mélodies coulent comme une rivière d’eau claire qui nous rafraichit les sens par ces temps difficiles. On entre dans le traditionnel avec The Robots Versus Mrs Patel, qui nous fait bien plaisir car ce titre est une merveille.

Alors se produit l’inattendu, un titre live, avec une longue introduction parlée, qui porte le nom de Talking Gig Economy Blues, qui se termine par un tonnerre d’applaudissements. Et nous n’en restons pas là, avec le magnifique I Don’t Mind Failing, signalé au début de notre chronique, et reste le meilleur titre de cet album. Aucune chanson à mettre de côté, parcours sans fautes pour cet album folk parfaitement représentatif du paysage américain actuel du genre. De l’authentique, de la qualité, que demander de plus ?

The Coathangers – The Devil You Know

Ce sixième album du groupe féminin d’Atlanta de garage-punk est sorti il y a un an mais nous ne l’avons découvert que lors de leur récent passage en concert dans la capitale et il aurait été dommage de le passer sous silence. Il vient après l’excellent « Noisebleed Weekend » que nous avions longuement écouté.

The Coathangers sont en activité depuis 2007 et, depuis leur deuxième album, sur le label Suicide Squeeze. Le nom du groupe fait référence à une méthode rudimentaire d’avortement. Leur version du punk est fraiche, mélodique, pas oppressante. Le chant est assuré à tour de rôle par la guitariste Julia Kugel et la batteuse Stephanie Luke, la bassiste Meredith Franco restant discrète.

Le disque commence par le titre Bimbo qui montre une nouveauté dans leurs compositions, à savoir l’alternance d’une partie légère et d’une partie plus violente, ce qui surprend à la première écoute. On retrouvera cette formule tout au long de l’album.

5 Farms, est speed, entrecoupé de passages rigolos et inattendus, ce qui apporte une originalité à un swamp rock conventionnel. Le suivant est du garage, avec un refrain hurlé plus que chanté. Il se nomme Crimson Telephone. Arrive ensuite un titre fort comme elles savent le faire, plus dans leur style habituel, et Hey Buddy, est l’une des perles de l’album. Et elles ne s’arrêtent pas là, on enchaine sur Step Back, lui aussi excellent avec son refrain plein de « ouh ouh ouh » et sa rythmique bien sympa. Elles montent d’un cran avec Stranger Danger qui est le « tube » de l’album si l’on peut utiliser cette expression. Lui aussi reprend la formule couplet cool, refrain violent. Notre préféré de tout « The Devil You Know ».

On passe ensuite à du punk plus classique mais néanmoins efficace car entre de bonnes mains avec Fuck the NRA qui traite du lobby des armes aux USA. Elles savent le faire comme le montrait déjà leur chanson Make It Right. Moment rare où elles crient leur rage. Memories, qui lui succède, est plus dans la veine de l’album précédent, pour notre plus grand plaisir. Très bon morceau. Vient alors un autre morceau « tubesque », Last call, qui nous ravit, et qui est dans la manière de ce nouvel album, même s’il commence doucement. Stasher, le dixième titre, détonne par son chant suraigu et sa guitare note à note. Ce morceau fait maquette. Elles terminent en beauté avec une ballade très calme, Lithium. Normal, c’est une ballade. Nous avons presque les larmes aux yeux !

Bon, dans l’ensemble, à part un morceau, il n’y a rien à jeter, et encore, le morceau en question est drôle.

Soucoupes Violentes – In & Out

Voici un excellent album de rock aux influences sixties garage réalisé par des Parisiens, les Soucoupes Violentes, qui creusent leur sillon avec plus ou moins de bonheur depuis 1984, date à laquelle est sorti leur premier « EP Mercenaire », tiré à 1000 exemplaires. Ils ont figuré de 1989 à 1991 sur le légendaire label New Rose. Contre toute attente ils sortent en juin 2019 cet album, » In & Out », qui les place dans le peloton de tête des frenchies.

Composé dans une vieille ferme du Tarn et Garonne,l’album a été enregistré en 8 jours par le couple Stéphane Guichard (chant et guitare) et Elsa Sadet (claviers), rejoints par un bassiste, Nick, et un batteur, sous la houlette de l’ingénieur du son Jean-Paul Vitori. Il est à la fois classique et sixties, par son orgue caractéristique au charme fou. Pas ramollo sans être speedé, ne vous attendez pas à de la musique new-age pour méditation matinale ! Mais ce qui frappe à son écoute, c’est la qualité des textes en français, sombres et désabusés.

Le disque débute par Pas Pour Eux qui ressemble à un manifeste et à un avertissement. On a affaire à des indépendants revendiqués et intransigeants. Le morceau paraît sorti tout droit d’une compilation garage.

En deuxième position sur le CD,  Tout Ce Que Je Touche suinte le rock, dans ses paroles et grâce à son magnifique solo de guitare.

Troisième morceau, la meilleure chanson de ce disque selon nous, Je Ne Sais Pas Faire, réflexion sur le destin de l’artiste dans une société qui a d’autres « valeurs ». Superbe titre dont ons’approprie très vite les mots le. Suit une petite séquence en anglais sur une rythmique hésitante d’abord pour un morceau qui n’apporte pas grand-chose, ni bon ni mauvais. Le suivant, Stand By Me, nous plait davantage, tout en restant assez anecdotique.

Après ce moment anglophone, les Soucoupes Violentes reviennent à la langue de Molière avec une belle chanson énigmatique, J’Eatsi Là. Un titre prompt à donner de quoi réfléchir aux gens trop ambitieux.  Musicalement, la partie de claviers sur fond de guitare sèche est superbe. Un clavier que l’on retrouve sur le titre suivant, Silly Thing, qui nous fait penser aux Kinks. Ils restent dans cette veine avec Walk The Line, taillé sur mesure pour d’éventuels concerts.

KO Par Terre qui lui succède, est touchant encore une fois par ses paroles qu’on devine ne serait-ce qu’en partie autobiographiques. Ca ne respire pas la gaité, mais que l’album existe est déjà en soi un miracle.

Le dernier morceau du disque s’intitule Les Poules Avec Des Dents et c’est une chanson idéale pour les fins de journées, moment où l’on fait le bilan. Bilan d’un parcours d’artiste, long, cabossé mais qui a du sens.

Cet album qu’on peut considérer comme une façon de refermer des plaies brille avant tout par sa noirceur, mais il s’inscrit avec beaucoup de dignité dans le paysage du rock français.

Pixies – Beneath The Eyrie

Les Pixies sortent là leur septième album. Vous vous demandez quel peut être l’intérêt de ce groupe au passé glorieux en 2019 ?

Il faut zapper la première plage du disque, peu convaincante, pour entrer dans le vif du sujet. Quel bonheur que ce Graveyard Hill suivi immédiatement par le non moins efficace Catfish Kate ! Il y a également des titres plus posés comme Ready For Love et Bird Of Pray, qui n’en sont pas moins agréables. Notons aussi le très beau Silver Bullet qui vous fera allumer les briquets ! Dans ce défilement de beaux titres, on se demande ce que le bourrin Saint-Nazaire vient faire. Il tombe comme un cheveu sur la soupe. Mais ils sont capables de jouer du rock’n’roll primaire aussi. Un autre titre fort de cet album est le Long Rider qui se cache en septième position malgré son chant qui nous a paru étrange au début avant que survienne un refrain à la Breeders qui nous fait sauter sur le canapé.

Dans l’ensemble, nous avons affaire à un grand disque de la part d’un groupe mûr qui maitrise son sujet. Il a longtemps tourné sur la platine avant que nous nous décidions à vous en parler. Nous avons pu ainsi longuement l’apprécier et l’écouter en profondeur. Black Francis et ses acolytes sont en forme et pas du tout ramollis par l’âge. Si vous n’avez qu’un seul album de rock à acheter cet hiver, par exemple pour les fêtes, c’est celui-là.

Métro Verlaine – Cut-Up

Nous ne serons pas en panne de musique ! En effet quelques jeunes groupes se lancent dans l’aventure du rock et nous proposent des disques qui feront notre bonheur et se révèlent brûlants et essentiels.

« Cut-Up », le premier album de Métro Verlaine est de ceux-là. Produit par Charles Rowel, ce groupe d’Evreux en Normandie fait dans un post-punk ouvertement inspiré de Joy division, en version sauvage et avec des textes bourrés de références (Manchester, Richard Hell). Cet album a un son particulier et la guitare mène la danse.

Il commence par Polaroïd, morceau à la batterie primitive sur laquelle la chanteuse du groupe balance un texte poétique, entrecoupé d’interventions de guitare qui lui répondent. En deuxième position vient  Manchester, sorti en single et diffusé à la radio, manifeste post-punk où ils déclarent leur passion pour la ville qui a vu naitre le groupe Joy Division et des tas d’autres groupes de rock. C’est avec ce titre que nous les avons remarqué. Il est magnifique. Troisième morceau, La Vague, met en valeur le chant de Raphaëlle, dans la lignée des deux précédents.

Ballade Sauvage, la bien nommée qui lui succède, prend aux tripes. Après quoi on repart tambour battant avec Crash, qui évoque la fureur de vivre puis avec Tequila Sunrise, qui synthétise ce que le groupe fait de mieux : texte bien écrit, guitares sont enivrantes. Après cela vient la référence à une autre figure tutélaire du groupe, Richard Hell, icône du punk new-yorkais de la fin de années soixante-dix . Hate, titre suivant est en anglais et c’est un des meilleures titres de l’album, plus rock’n’roll peut-être que post-punk. Codéine, quand à lui, tranche par son côté joyeux et son riff qui accroche au premier coup d’oreille, en dépit d’un propos plutôt sombre. L’album se termine par Crocodile, où la chanteuse répète inlassablement une phrase qui sonne et referme l’album sans concession.

Dans l’ensemble, c’est une réussite, il y a un son, des textes aux images fortes, une voix habitée. Ce qu’ils font est envoûtant et sombre, mais cette noirceur nous fait du bien.

Ladytron

Qu’est-ce qu’un artiste pop en 2019 ? Ou un disque pop ? Est-ce la médiatisation, ou le sens de la chanson qui fait mouche ? Pour ce qui est la médiatisation, Ladytron n’en est pas là. Ce groupe électro est sur le métier depuis 20 ans avec ses synthés analogiques et ses voix délicates sans avoir atteint la renommée de Depeche Mode !

Ce n’est pourtant que leur sixième album, survenant après une pause de sept ans. Un nouveau départ sur leur label Ladytron Music, un retour en grâce auprès des amateurs de sonorités électroniques et d’harmonies vocales. Harmonies vocales, c’est ce que qui caractérise ce groupe et ce qui fait son charme. La manière de chanter d’Helena Marnie et de Mira Aroyo nous touche au plus près malgré une froideur distanciée. Et ces voix se fondent dans les nappes de synthétiseur avec intelligence. Leur son est compact, les batteries martiales d’Igor Cavalera (Sepultura) viennent se poser des couches denses de synthétiseurs gras.

L’album débute par un titre qui rappelle leurs précédentes productions, Until The Fire. Les fans sont rassurés. La batterie assène son beat sans faiblir du début à la fin. Vient ensuite un morceau tape-à-l’oeil qui tranche sur le reste de l’album et peu convaincant, The Island. Il est tellement différent de ce à quoi ils nous ont habitués que s’en est gênant. Mais l’ensemble de l’album efface cette impression bizarre. Dès le troisième morceau on retrouve le Ladytron que l’on aime, avec la chanson Tower Of Glass et sa basse puissante et son synthé obsédant. L’une des plus belles mélodies de ce disque. Avec le splendide Far From Home, c’est le retour du Ladytron d’autrefois. Paper Highways, qui lui succède, est presque du punk électronique, avec une construction couplet/refrain qui nous ravit. On se surprend à chantonner en l’écoutant. On reste dans l’énergique avec The Animals, du rock au synthétiseur, pour tout dire. La batterie est aussi implacable qu’une boite à rythmes. Run, est un morceau lent et vicieux qui ne laisse pas indifférent. Lui aussi fera bonne impression en live. On repart sur un tempo moyen avec Deadzone, aux réminiscences dark, et qui est une tuerie. Il ferait un bon single. Figurine reste dans la même ligne et est bien accrocheur. You’ve changed, lorgne vers l’électro-goth et nous rappelle les soirées dark d’il y a dix ans. C’est le seul morceau typé de l’album. Horoscope est plus surprenant et innovant avec son alternance de moments calmes et de rythmes tribaux. On peut y entendre une guitare avec de la fuzz vintage, ce qui n’est pas pour nous déplaire.  On se calme avec The Mountain, presque récité, toujours avec un refrain superbement amené, ce qui est une caractéristique du groupe. L’album se clôt par un presque a-capella qui démontre leurs capacités vocales en restant dans la veine habituelle du groupe.

Bref, c’est un bel album qui fait aimer l’électro à ceux qui n’en sont a priori pas adeptes.

I Don’t Run – Hinds

Nous retrouvons avec ce troisième album le groupe féminin espagnol Hinds que nous avions découvert en concert dans la salle parisienne du Badaboum. Et elles ont sensiblement changé. Ce sont toujours les mêmes harmonies, mais ce n’est plus le même son.

Désormais, elles jouent avec plus d’énergie et sans complexes. Le son est plus garage, et leurs mélodies enfantines sont à la limite de la justesse. Leurs chansons sont parfois exaspérantes. La production n’est absolument pas léchée, le son est vraiment brut et direct, au point qu’on se demande si cet album n’a pas été enregistré au fond de leur local de répétition.

Certes il y a la pêche, mais c’est parfois approximatif. Manifestement, ces jeunes filles s’amusent bien et ne se prennent pas au sérieux. Leur album tranche par sa spontanéité sur la production discographique de notre époque. Tous leurs titres sont en anglais et non en espagnol, ce qu’il faut préciser, et elles maitrisent la langue de Shakespeare. On ne devine pas leur nationalité à l’écoute de leurs chansons. On retiendra les titres les plus forts : The ClubTesterI Feel cold but Il Feel More et Rookie. Ce disque est un ovni, frais et drôle, hors des tendances, par moments énervant, mais absolument pas coincé et prétentieux. Pur fun par de drôles de girls.

Stains of Silence – Girls Names

Déjà quatre albums à l’actif pour les Irlandais de Girls Name, avec ce « Stains Of Silence » enregistré dans différents studios et dans les difficultés après le départ de leur batteur Gib Cassidy.

Le départ de leur batteur est peut-être à l’origine de la boîte à rythme et du synthé qui viennent s’ajouter en plus de leur instrumentation habituelle, qui est celle d’un rock band. Le disque est constitué de huit titres mélancoliques dans une veine qui rappelle la cold-wave des années 80. Il faut l’écouter à plusieurs reprises pour en apprécier le contenu et passer outre l’impression de déjà-entendu qui menace l’auditeur ayant atteint la cinquantaine.

Alors, on se rend compte que l’on a affaire à un bon album, très bien mixé et qui contient de belles pièces, telles 25 qui ouvre le bal, l’énergique The Process ou encore le très mélodique The Impaled Mystique. On y retrouve le jeu de guitare que l’on aime chez eux, et des basses bien découpées et qui ne sont pas dissimulées. Le groupe a manifestement passé du temps en studio, comme en témoigne le titre Fragments Of A Portrait.

Stains Of Silence, qui donne son nom à l’album, est quant à lui une belle pièce atmosphérique. La visite se termine par le seul titre évident de l’album, leur seule concession pop, Karoline. Il est cependant excellent et nous le verrions bien passer en clip ou à la radio. C’est un album à écouter à tête reposée en sirotant un thé, qui n’est pas fait pour se déhancher en sautant sur son matelas !

Empty Words – Whyte Horses

Voici le deuxième album de cette formation mancunienne pop. Produit dans les studios londoniens lovebuzz, il est l’œuvre de l’auteur-compositeur Daniel Thomas, fan des sixties, dénicheur de vinyles rares, et fondateur d’un label Finder Keepers. Mais ce n’est pas lui qui chante, il a fait appel à Audrey Pic, et on note également la participation de la chanteuse La Roux et de Mélanie Plain du groupe Nouvelle Vague. Ce disque est plutôt « joli » : c’est une collection de pop songs mélodieuses avec une production impeccable. Il est peut-être trop propre et trop bien exécuté. C’est un disque parfait pour le printemps.

Il commence par la chanson Counting Down The Years au beat d’airain. C’est un reproche que l’on peut faire à la plupart des morceaux de cet album : une rigidité rythmique qui fait parfois penser que ce sont des machines qui jouent. Le deuxième titre, Never Took The Time, est plus profond et agrémenté de violons. Mais le plus fort vient après, avec le troisième morceau qui s’intitule Greatest Love In Town, et qui est un petit bijou de pop sixties. Cette chanson est la preuve du talent de ce groupe et justifie à lui seul de se procurer l’album. Peut-être faut-il renoncer à écouter des albums et n’écouter que des titres isolés ou des singles ? Ne soyons cependant pas excessifs dans nos jugements, l’ensemble de ce disque est de la pop de qualité.

Le quatrième, This Dream, nous montre un autre visage du groupe, avec une chanson dépouillée, où la voix d’Audrey Pic n’est supportée que par un clavier. Là aussi, c’est une réussite et un titre fort de l’album. Avec le suivant, ils reviennent à ce qu’ils proposent au début du disque, à savoir une pop song mélodique avec de belles guitares à la The Byrds. Nouvelle surprise avec le septième, Watching TV, qui commence par un orchestre à cordes avant de lancer une rythmique dance qui permet à la chanteuse de faire des vocalises. Il atteint une autre dimension et ouvre sur des choses plus ambitieuses. Ecstasy Song, qui lui succède, est lui aussi porté par un beat dance, mais cela n’a rien de choquant tant le morceau est construit. Sa mélodie est de toute beauté. Changement vocal avec le neuvième titre, The Best Of It, où la chanteuse La Roux vient apporter un côté commercial. On se demande si c’est toujours le même disque que l’on écoute ! Passons sur The Return, un bref interlude au piano. C’est avec le onzième, si vous me suivez bien, Fake Protest Song, que l’on retrouve le fil directeur de l’album avec ses guitares si caractéristiques et la chanteuse habituelle. Le disque aurait pu s’arrêter là, mais Whyte Horses ne sont pas avares de chansons. Ils nous offrent un Don’t You Cry gentiment rétro et hyper-efficace. Puis c’est à nouveau un titre avec un orchestre à cordes, Nightmares Aren’t Real, suivi d’un morceau moins indispensable, avant de terminer par un magnifique morceau où il n’y a que la guitare et la voix, et qui est plus intéressant dans son dépouillement que le reste d’un disque trop bien réalisé par de bons élèves de la pop anglaise.

Au total quinze titres frais et agréables avec quelques vraies perles que nous comptons bien vous faire écouter dans notre playlist, en particulier la chanson The Greatest Love In Town, qui va nous accompagner pendant quelques temps.