I Don’t Run – Hinds

Nous retrouvons avec ce troisième album le groupe féminin espagnol Hinds que nous avions découvert en concert dans la salle parisienne du Badaboum. Et elles ont sensiblement changé. Ce sont toujours les mêmes harmonies, mais ce n’est plus le même son.

Désormais, elles jouent avec plus d’énergie et sans complexes. Le son est plus garage, et leurs mélodies enfantines sont à la limite de la justesse. Leurs chansons sont parfois exaspérantes. La production n’est absolument pas léchée, le son est vraiment brut et direct, au point qu’on se demande si cet album n’a pas été enregistré au fond de leur local de répétition.

Certes il y a la pêche, mais c’est parfois approximatif. Manifestement, ces jeunes filles s’amusent bien et ne se prennent pas au sérieux. Leur album tranche par sa spontanéité sur la production discographique de notre époque. Tous leurs titres sont en anglais et non en espagnol, ce qu’il faut préciser, et elles maitrisent la langue de Shakespeare. On ne devine pas leur nationalité à l’écoute de leurs chansons. On retiendra les titres les plus forts : The ClubTesterI Feel cold but Il Feel More et Rookie. Ce disque est un ovni, frais et drôle, hors des tendances, par moments énervant, mais absolument pas coincé et prétentieux. Pur fun par de drôles de girls.

Stains of Silence – Girls Names

Déjà quatre albums à l’actif pour les Irlandais de Girls Name, avec ce « Stains Of Silence » enregistré dans différents studios et dans les difficultés après le départ de leur batteur Gib Cassidy.

Le départ de leur batteur est peut-être à l’origine de la boîte à rythme et du synthé qui viennent s’ajouter en plus de leur instrumentation habituelle, qui est celle d’un rock band. Le disque est constitué de huit titres mélancoliques dans une veine qui rappelle la cold-wave des années 80. Il faut l’écouter à plusieurs reprises pour en apprécier le contenu et passer outre l’impression de déjà-entendu qui menace l’auditeur ayant atteint la cinquantaine.

Alors, on se rend compte que l’on a affaire à un bon album, très bien mixé et qui contient de belles pièces, telles 25 qui ouvre le bal, l’énergique The Process ou encore le très mélodique The Impaled Mystique. On y retrouve le jeu de guitare que l’on aime chez eux, et des basses bien découpées et qui ne sont pas dissimulées. Le groupe a manifestement passé du temps en studio, comme en témoigne le titre Fragments Of A Portrait.

Stains Of Silence, qui donne son nom à l’album, est quant à lui une belle pièce atmosphérique. La visite se termine par le seul titre évident de l’album, leur seule concession pop, Karoline. Il est cependant excellent et nous le verrions bien passer en clip ou à la radio. C’est un album à écouter à tête reposée en sirotant un thé, qui n’est pas fait pour se déhancher en sautant sur son matelas !

Empty Words – Whyte Horses

Voici le deuxième album de cette formation mancunienne pop. Produit dans les studios londoniens lovebuzz, il est l’œuvre de l’auteur-compositeur Daniel Thomas, fan des sixties, dénicheur de vinyles rares, et fondateur d’un label Finder Keepers. Mais ce n’est pas lui qui chante, il a fait appel à Audrey Pic, et on note également la participation de la chanteuse La Roux et de Mélanie Plain du groupe Nouvelle Vague. Ce disque est plutôt « joli » : c’est une collection de pop songs mélodieuses avec une production impeccable. Il est peut-être trop propre et trop bien exécuté. C’est un disque parfait pour le printemps.

Il commence par la chanson Counting Down The Years au beat d’airain. C’est un reproche que l’on peut faire à la plupart des morceaux de cet album : une rigidité rythmique qui fait parfois penser que ce sont des machines qui jouent. Le deuxième titre, Never Took The Time, est plus profond et agrémenté de violons. Mais le plus fort vient après, avec le troisième morceau qui s’intitule Greatest Love In Town, et qui est un petit bijou de pop sixties. Cette chanson est la preuve du talent de ce groupe et justifie à lui seul de se procurer l’album. Peut-être faut-il renoncer à écouter des albums et n’écouter que des titres isolés ou des singles ? Ne soyons cependant pas excessifs dans nos jugements, l’ensemble de ce disque est de la pop de qualité.

Le quatrième, This Dream, nous montre un autre visage du groupe, avec une chanson dépouillée, où la voix d’Audrey Pic n’est supportée que par un clavier. Là aussi, c’est une réussite et un titre fort de l’album. Avec le suivant, ils reviennent à ce qu’ils proposent au début du disque, à savoir une pop song mélodique avec de belles guitares à la The Byrds. Nouvelle surprise avec le septième, Watching TV, qui commence par un orchestre à cordes avant de lancer une rythmique dance qui permet à la chanteuse de faire des vocalises. Il atteint une autre dimension et ouvre sur des choses plus ambitieuses. Ecstasy Song, qui lui succède, est lui aussi porté par un beat dance, mais cela n’a rien de choquant tant le morceau est construit. Sa mélodie est de toute beauté. Changement vocal avec le neuvième titre, The Best Of It, où la chanteuse La Roux vient apporter un côté commercial. On se demande si c’est toujours le même disque que l’on écoute ! Passons sur The Return, un bref interlude au piano. C’est avec le onzième, si vous me suivez bien, Fake Protest Song, que l’on retrouve le fil directeur de l’album avec ses guitares si caractéristiques et la chanteuse habituelle. Le disque aurait pu s’arrêter là, mais Whyte Horses ne sont pas avares de chansons. Ils nous offrent un Don’t You Cry gentiment rétro et hyper-efficace. Puis c’est à nouveau un titre avec un orchestre à cordes, Nightmares Aren’t Real, suivi d’un morceau moins indispensable, avant de terminer par un magnifique morceau où il n’y a que la guitare et la voix, et qui est plus intéressant dans son dépouillement que le reste d’un disque trop bien réalisé par de bons élèves de la pop anglaise.

Au total quinze titres frais et agréables avec quelques vraies perles que nous comptons bien vous faire écouter dans notre playlist, en particulier la chanson The Greatest Love In Town, qui va nous accompagner pendant quelques temps.

How To Solve Our Human Problems – Belle and Sebastian

Nous n’aimons pas dire du mal d’un disque. Nous ne sommes pas là pour nous livrer à un exercice gratuit de dénigrement et préférons parler de ce qui nous a touché. Or, nous devons avouer notre déception à l’écoute de la mouture 2018 du groupe pop Belle and Sebastian.

Pour synthétiser, c’est un album destiné au grand public, si cette expression a encore un sens. Le son est excellent, c’est très bien produit, rien à dire à ce niveau. Mais il commence par un titre disco, Poor Boy. Lequel ne swingue pas un caramel, ce qui est un comble pour de la musique se voulant dansante. Le suivant, Everything Is Now, nous remonte le moral. Comme c’est beau ! Intro à l’orgue, arrangements pour cordes, tout cela est bien romantique. Et c’est l’une des deux seules chansons réussies. La troisième chanson est plus simple, et donne dans un genre funky. Nous nous sommes complètement égarés.

Ces artistes ont pourtant un passé glorieux. Suit un titre qui fait penser à Paul Simon. Une ballade aux confins du folk et de la pop. C’est le dernier morceau, Best Friend, qui sauve le disque. C’est de la pop façon Tamla Motown, et ce titre à lui seul justifiera l’écoute de cet EP. Bon, un titre sur cinq, c’est un mauvais score, un single aurait suffi.

Cry Cry Cry – Wolf Parade

Wolf Parade est un groupe pop-rock canadien, moins connu qu’Arcade Fire, qui a débuté en 2003 et a été signé par le prestigieux label Sub Pop. Après 3 albums jusqu’en 2010 où ils annoncent une pause qui durera 6 ans. Ce nouvel album annonce donc leur retour sur le devant de la scène.

Le temps a passé, et leur musique a pris un coup de vieux. Ces dernières années, le rock a terriblement changé, et il n’y a que quelques titres comme le superbe You’re Dreaming et le plus classique Valley Boy qui sonnent actuels. Sinon, c’est tout sauf mauvais, même s’il faut plusieurs écoutes pour entrer dans l’album. C’est seulement inégal, le meilleur cité plus haut côtoyant le moins bon. Il faudrait acheter ce disque pour quatre titres exceptionnels, le reste étant moins intéressant. Globalement, leur rock rappelle Roxy Music (Who Are Ya ). Le clavier y est très important, le chant est parfois maniéré, il passe mieux lorsqu’il est plus sobre.

Par contre, les guitares sonnent et ne sont pas en retrait, comme sur le très beau Am I An Alien Here qui a des accents de David Bowie. Le titre Artificial Life est potentiellement radiophonique et plus conforme à ce que l’on peut entendre sur les ondes que le reste du disque. Wolf parade n’a pas l’évidence tubesque d’un Franz Ferdinand ou des Kasabian, il n’est pas dans la catégorie poids lourds. Ce disque de onze titres a failli passer inaperçu, mais nous nous devons de vous le signaler, même s’il ne bouleverse pas le paysage du rock des années 2010.  Il a été enregistré à Seattle sous la direction de John Goodmanson et est comme les précédents sorti sur le label Sub Pop. En résumé, un bon album pop, mais pas essentiel sauf sur quelques chansons, et qu’il faut écouter plusieurs fois pour apprécier

Low In High School – Morrissey

Après Liam Gallagher, voici une autre idole du rock britannique à sortir un nouvel album. Ultra populaire de l’autre côté de la Manche, il poursuit depuis la séparation de son groupe The Smiths une carrière solo faite d’albums de qualité et de déclarations intempestives dans la presse.

Ce nouvel album montre un changement notable : moins de pop à guitares et 3 titres accompagnés d’un piano. En revanche, sa façon de chanter est toujours la même et ses mélodies ont gardé la même patte depuis les Smiths. Les morceaux, eux, sont précieux et comportent des orchestrations sophistiquées quoique discrètes faites de violons et d’une petite trompette. Les douze titres de cet album sont de même niveau et constituent un ensemble cohérent sans rupture de la matière sonore. Pas de concessions ni de tape à l’œil. Aucun écart si ce n’est un titre dance et synthétique faisant un peu penser à du Depeche Mode  par sa construction, mais avec la voix si reconnaissable du Moz. Mais dans l’ensemble c’est du Morrissey pur jus qui ne décevra pas ses fans.

Le disque commence par My love Bad Do Anything For You, un morceau rentre-dedans un peu martelé par une batterie lourde, qui se termine par des cuivres tonitruants. Bonne entrée en matière. Vient ensuite le titre « new-wave » que nous avons mentionné plus haut, et qui n’est pas désagréable même s’il déroute au premier abord. En troisième vient le superbe Jacky Is Only Happy When She’s Up On The Stage, qui est le plus beau de cet album et est agrémenté de violons du plus bel effet. Il justifie à lui seul l’acquisition du disque et restera probablement dans l’histoire.

Le quatrième, Home Is A Question Mark, commence par de délicats arpèges de guitare et évolue en terrain de connaissance. Ensuite vient une balade mélancolique parlant de notre époque atone, Spent The Day In Bed. C’est un espèce de tango rock’n’roll, I Bury The Living, qui lui succède. Puis vient le premier titre mélodramatique sur fond de piano. Bon, ce n’est pas désagréable. Il s’appelle In Your LapThe Girl From Tel Aviv Who Wouldn’t Kneel est lui un morceau sur rythme ternaire, avec une prédominance du piano, relevé de violon et d’accordéon.  Il parle discrètement du conflit israélo-palestinien. Retour à la légèreté sur fond de guitare fuzz pour une très belle chanson qui porte le titre d’All The Young People Must Fall In Love, une originalité chez cet artiste qui ne fait pas habituellement dans les sonorités rétro. On revient à du Morrissey plus habituel avec When You Open Your Legs, qui ravira ses admirateurs. Enfin, le dernier de l’album, Israël, termine le voyage en beauté et montre les capacités vocales du bonhomme.

Bref, un excellent disque, qui nous apporte des réponses sur le rock britannique, même s’il ne rompt pas avec ce que l’artiste nous a déjà donné à entendre. Morrissey a une forte personnalité musicale et ce nouvel album fait plus que tenir la route. Morrissey est grand !

Inner City Dream – Wesley Fuller

Complètement incongru et en dehors des courants actuels, cet album de l’australien Wesley Fuller étonne par sa fraicheur et sa spontanéité. Il se situe entre Marc Bolan et les 60’s, et nous délivre un rock joyeux et mélodique comme on n’en faisait plus.

Les mélodies sont évidentes et dès la première écoute on pense aux Beatles et aux Kinks pour leur sens de la chanson pop, et à Marc Bolan de T-Rex sur d’autres morceaux. Chansons entrainantes et ensoleillées, simples et directes, comme l’on en entend rarement. Pourtant, cet artiste aux cheveux longs est trop jeune pour avoir connu le Swinging London. Et cet album ne fait pas non plus dans le trip rétro pointilleux. C’est un rock comme l’on en entendait plus. Repéré par le label londonien 1965, ce jeune talent venu de l’hémisphère sud nous a immédiatement charmés et nous ne pouvions décemment laisser ce disque dans l’anonymat. Il y a des tas de jeunes groupes frais et excitants en 2017 et il s’agit de le faire savoir au public francophone. Ces années 2010 sont passionnantes si l’on s’en tient à la musique qu’on peut entendre si on cherche. Moins passionnantes si on regarde ce qui fait notre quotidien. Mais en ces temps de morosité et de début de reprise économique il y a moyen de se remonter le moral et de vivre de bons moments en attendant mieux. C’est que la musique se porte bien, en termes de qualité, même si cela n’apparait pas au grand jour.  Et les jeunes artistes n’ont pas fini de nous surprendre.

L’album débute en beauté par le titre Inner City Dream, et entre dans le dur avec le suivant, Someone To Walk Around With, avec son beat à la Bo Diddley et ses harmonies Beatles. La superbe Skyways, un truc qui aurait pu figurer sur un album des Dukes Of Stratosphear. C’est tout à fait le même genre de mélodie. Arrive ensuite un son plus crade, plus glam-rock, avec le titre Better Of Me. Wesley Fuller enchaîne sur une chanson plus naïve, avec un synthé kitch, Morality. Refrain magnifique. On revient à l’influence Beatles avec All The Colours, qui est moins rapide mais plus profond. First song est le titre le plus tubesque de l’album, qui nous rappelle cette fois-ci le groupe gallois XTC par sa construction complexe et ses guitares. It Can Change My Ways est plus proche de Marc Bolan et lui aussi très bien construit. Les guitares sont hyper-efficaces et moins cristallines, plus garage psyché. Biggest Fan est différente, plus brute de décoffrage, et néanmoins très efficace. Les deux titres suivants sont décevants car un peu mous, même si Wish You Would évoque les hits radiophoniques des Kinks. Miranda Says, n’est pas mal non plus, malgré son absence de guitares au début du morceau. Ce titre avec beaucoup de claviers surprend par sa sophistication. No More Chances, qui clôt l’album revient dans l’énergique et le jerk sixties.

Cet album n’est manifestement pas fait pour se prendre la tête et ne cultive pas les climats ambigus. Malgré sa troublante ressemblance avec de grands anciens, il ne sonne pas daté, même si rares sont les artistes aujourd’hui à emprunter cette voie. Il n’annonce certes pas un changement dans le rock mais montre un retour aux pop songs qui fait plaisir à entendre.

Avvolgere – True Widow

Sorti il y a de ça il y a un an aux USA, nous avions pu écouter des extraits de cet album du groupe indépendant Texan, qui a su faire un teasing discret avant la sortie de ce disque sur Relapse Records. Ils ont fait de discrets passages en France et nous espérons bien les voir en concert.

Ce qui nous a intéressé dans leur musique, c’est qu’ils proposent un son peu commun. Il est dû aux grosses lignes de basse de Nicole Estill, qui envoie des riffs simples et ultra puissants, et à la batterie ultra-lourde de Timothy Stark. Ces deux musiciens ont un jeu à eux, complètement original, et sur cette rythmique solide viennent se poser la guitare et la voix cold de Dan Philipps. Ils définissent leur style comme un mélange de stoner et de shoegaze, mais sont inclassables. Ils ouvrent la voie à une nouvelle façon de jouer, plus primitive et qui prends aux tripes. Retour à un jeu simple et efficace, sur des beats toujours lents.

Le titre Back Shredder donne le ton et ouvre l’album. C’est un gros riff de basse qui accroche d’entrée de jeu. Le suivant, Theurgist, est construit sur le même principe. Le troisième morceau, FWTSLTM marque une certaine ressemblance avec le shoegaze et le post-rock. Il repose sur la guitare, la basse étant plus orthodoxe. La mélodie vocale est très belle, et il y a quelque chose du deuxième album de Cure dans le climat. Mais nous ne pensons pas que cela soit voulu. Il y a le même dépouillement. La batterie est décidément très terrienne. Sur le quatrième titre, The Trapper And The Trapped, retour du gros riff de basse pour une chanson où bassiste et guitariste chantent en duo, ce qui est une réussite. OOTPV voit un retour à la voix solo sur une grosse basse et un rythme tribal. Le sixième, Entheogen, encore un nom étrange, repose lui aussi sur un riff, mais cette fois-ci de guitare, et celle-ci sonne incroyablement bien. La basse y est plus discrète, et la voix est une longue récitation. Le septième morceau, To All That He Belong, est une parenthèse acoustique sans basse ni batterie, juste une belle voix. La machine redémarre sur le titre suivant. Sante, qui a un riff particulièrement brutal. Il est chanté par la bassiste Nicole du début à la fin. Ce titre est fort réjouissant et son riff rappelle les Stooges. Même gros son de basse bien sale sur le huitième titre, Grey Erasure, qui est dans la même veine à ceci près qu’il voit le retour du guitariste au chant.

On sort de la formule avec What Finds Me, qui amène une nouvelle touche avec son thème à la guitare, presque surf tout en étant déglingué. C’est l’un des plus beaux titres de l’album. Ce groupe a décidément un vrai son à lui. C’est ainsi que se termine ce disque, qui a été une véritable révélation. Il est en rupture avec ce qui se fait ailleurs et séduit par sa simplicité et sa brutalité. C’est une nouvelle époque du rock qui a commencé, avec une nouvelle façon de jouer. Un disque important.

Live For The Moment – The Sherlocks

« Live For The Moment » est le titre du premier single de The Sherlocks et il est réutilisé pour leur premier album. C’est donc un groupe tout nouveau pour le public français, et qui a été repéré par la BBC et qui s’est produit dans les grands festivals des Iles Britanniques. Et ça fait très mal !

C’est du rock péchu et héroïque dans la veine des Arctic Monkeys et des deux premiers albums de The Clash, à la fois mélodique et énergique. Ils sont la preuve que le rock se renouvelle et que les Iles Britanniques accouchent toujours de disques intéressants. Un disque qui sonne actuel et renoue avec une tradition de groupes ayant une grosse patate. Leurs chansons sont taillées pour la radio et si on peut trouver leurs compositions trop évidentes, il n’en est rien. Ce disque va vous réveiller si vous étiez partis dans des ambiances contemplatives. Il est recommandé de l’écouter le matin car cela vous tire de la torpeur !  Comme on disait autrefois, c’est de la musique déplanante !  Cela fait plaisir de voir que de jeunes groupes conjuguent énergie, mélodies et sens de la composition, le tout propulsé par une puissante batterie qui n’est pas sans évoquer des groupes de la fin des années soixante-dix. Ce disque, en effet, conjugue le rock contemporain et les réminiscences qui sauteront tout de suite aux oreilles des plus âgés de nos lecteurs. Mais ce n’est pas rétro et très anglais dans la manière.

L’album commence par le très efficace Will You Be There et son intro de guitare, morceau qui comporte un très beau refrain. Il est suivi de leur premier single Live For The Moment qui ressemble à The Amazons par sa construction. On notera la maitrise de leurs vocaux, comme sur le troisième titre Escapade. Viens ensuite Chasing Shadows et ses superbes guitares et sa batterie tellurique. Blue, lui, est presque du pop-punk et son chant acrobatique est particulièrement plaisant. Son solo de guitare est un peu vieux jeu, mais il n’est pas trop long. Nobody Knows est le titre le plus long de l’album ( 6 minutes 10) alors que les autres n’excèdent pas les 4 minutes. C’est le titre qui rappelle le plus The Clash, et il comporte un passage où la guitare a un son plus sophistiqué. Il se termine par un couplet acoustique. Viens ensuite Was It Really Worth It ? qui est l’un des titres qui arrache le plus. On dirait que c’est Mick Jones qui joue !

Turn The Clock, la seule ballade de cet album, et est un bijou de pop anglaise. Après ce moment d’accalmie surgit le titre Last Night qui semble tout droit extrait de l’album « Give em Enough Rope » sorti en 1978. Et ça continue dans cette veine avec Heart Of Gold, qui a même son break reggae avant le solo. Motions commence acoustique et après l’intro nous propose une belle excursion country pour le moins inattendue. Il se termine par un Candlelight faiblard par rapport au reste de l’album.

Nous résumerons en disant que ce premier album a la patate des groupes issus du punk anglais de 1976-79 et les constructions de morceaux des groupes rock de ces dernières années. Il fait preuve d’une maîtrise de la composition toute moderne en retrouvant une sauvagerie que l’on n’entendait plus. C’est l’un des meilleurs albums de rock britannique que nous ayons entendu cette année et ce groupe fait une entrée fracassante dans notre discothèque.

The Nothing – The Last Dinosaur

Juillet n’est pas un mois habituel pour les sorties d’albums et pourtant nous avons trouvé cet artiste anglais totalement inconnu et qui risque de rester dans l’ombre, car il existe un groupe pop du même nom. Donc évitons la confusion, nous ne parlons pas du groupe qui a pondu le fantastique titre Zoom, mais d’un songwriter britannique, Jamie Cameron.

Leur nom est une allusion humoristique à leurs méthodes d’enregistrement rétro, et également à un dessin animé où l’on voit le dinosaure Denver décongelé par des adolescents. Leur premier disque est sorti en 2009, et celui-ci est le 3è. Il est sombre, empreint d’une réflexion sur la mort, dans le cas présent celle d’un ami avec qui il avait monté un groupe à 17 ans et qui a disparu dans un accident de voiture. Malgré ces tentatives discographiques, The Last Dinosaur est resté dans l’ombre et il est difficile de trouver des informations à leur sujet. « The Nothing » est sorti le 07 juillet  sur le label Naim Records.

Ce projet est donc le fait de Jamie Cameron et de son acolyte et ami Luke Haiden, et avec la participation d’une violoniste, Rachel Lanskey. C’est une musique acoustique et délicate, aux structures mélodiques bien anglaises, loin du folk malgré l’instrumentation similaire. Parfois vient s’ajouter un saxophone discret. Cet album comporte onze titres calmes et mélancoliques, quelques uns sont joués à la guitare, d’autres au piano. Notre préféré est le deuxième,  Grow, seul morceau de l’album où une batterie marque le tempo. Nous aimons bien aussi la chanson All My Faith. Elle est suivie d’un We’ll great Death lyrique à souhait.

Bref, c’est un album court mais néanmoins sympathique, qui convient parfaitement à cette saison où on a plus envie de se prélasser en terrasse où à la plage que de se défouler dans une salle de concert.