The Courettes – La Féline (Paris-Ménilmontant) – 27 octobre 2016

La Féline n’est pas une salle de spectacle mais c’est tout comme : un bar rock de ménilmontant équipé d’une scène, connu des afficionados parisiens, et qui se soir là était bondé pour un excellent groupe que nous avons découvert à cette occasion.

The Courettes donnait deux concerts en région parisienne, un à la féline, l’autre à Mantes-la-Jolie. Ce groupe est originaire du Danemark et a sorti son premier album en 2015. Dans l’assistance, nous avons remarqué des organisateurs de concerts et des musiciens, et cela nous fait chaud au coeur de voir qu’ils savent encore apprécier le rock. Quelques mots sur le style paratiqué par ce groupe : look sixties, formation réduite à une chanteuse-guitariste accompagnée d’un batteur, pour un rock minimal légèrement rétro. C’est Flavia Couri, la guitariste, qui donne le tempo et assure le beat par son jeu de guitare implacable, qui doit beaucoup à Bo Diddley et aux Kinks. Le batteur se cale un peu laborieusement sur la guitare et place des beats somme toutes assez classiques, ce n’est pas du tout expérimental comme musique. Le son de la gratte est sale, pas du tout rockabilly, et notre Flavia ne joue donc pas avec un son clair mais un son rugueux et brut, un son des années 60, d’avant le psychédélisme et le hard-rock. Ce duo retrouve la veine des groupes des origines, et ses riffs vont à l’essentiel. C’est pour nous une vraie révélation et The Courettes sortent du lot des groupes garage, aidé en cela par des mélodies naïves. Ils sont largement au-dessus de ce qu’on peut entendre habituellement dans le genre dans les bars de la capitale. Ceux qui ne sont pas venus à ce concert ont raté quelque chose, pourtant le bouche-à-oreilles a fonctionné cette fois-ci. Ce groupe apporte un bain de fraîcheur et d’authenticité au rock d’aujourd’hui et cela nous va droit au coeur.

Patrick Kuriakine

The Mirrors – La Station Gare des Mines (Paris-Aubervilliers) – 16 octobre 2016

Nous avons décidé pour la rentrée de voir où en était la France au niveau de ses groupes de rock, et d’écouter des groupes français, si possible jeunes, car diable ! Ça doit bien encore exister au 21è siècle ! Nous ne voulons pas vous lasser avec la génération Wampas qui est toujours en activité, mais que vous connaissez sans doute déjà.

Nos recherches nous ont menées vers divers groupes, dont the Mirrors, originaires de la ville d’Angers. Il s’agit d’un duo, formé d’un batteur et d’une chanteuse-guitariste, Sarah. Une formation peu banale, peut-être due aux circonstances qui président à la formation d’un groupe de musique. Ce que nous avons remarqué chez eux, c’est que malgré cette formule inhabituelle, c’est bien du rock’n’roll, même s’ils ne s’inscrivent pas dans un genre répertorié comme le sont le garage-rock, le punk-rock et le métal. Non, c’est bel et bien un groupe de rock, très au point pour son âge. Ce qui frappe au premier abord, c’est la justesse de leur musique, et leur son (la fender telecaster est une arme imparable). Les basses sont jouées par la guitariste en doublait le riff de gratte et ce côté rustique digne de bluesmen du temps jadis leur fait marquer des points. Ensuite, il y a le chant, qui étonne par sa force, inattendue chez un groupe hexagonal. Comme quoi les choses ont bien changé. The Mirrors jouait en première partie de deux groupes australiens, et pourtant c’est d’eux que nous avons choisi de vous parler. Non pas que les kangourous aient été mauvais, The Dune Rats sont un honnête groupe de pop-punk, avec des vocaux sympa, même si le son de la basse et de la guitare n’est pas fameux. Ils ont l’énergie et l’attitude. Nous avons vu ensuite DZ Deathrays, un groupe qui serait dans la veine de Rage Against The Machine, avec en plus des influences techno. Pas mauvais, mais pas aussi intéressants que la première partie, qui s’impose malgré son manque de notoriété. The Mirrors est un groupe à suivre, et ils viennent de sortir un EP. Nous n’avons pas regretté notre virée à Aubervilliers dans ce lieu atypique installé dans une friche industrielle : public cool, lieu cool, musique agéable même si ce n’est pas forcément notre style, en tout cas il n’y a pas photo, ce sont bien des groupes de rock  que nous avons pu entendre. Et nous avons eu un bus pour rentrer après le concert.

Patrick Kuriakine

Parlor Snakes – Le Supersonic (Paris) – 03 octobre 2016

C’est au dernier moment que nous avons été averti de ce concert du groupe Parlor Snakes qui avait lieu dans un nouveau club parisien, le Supersonic, nouvelle enseigne de l’OPA. Il s’agissait de la soirée de lancement d’un journal Songazine, issu d’un site web qui passe désormais au papier.

Nous avons écouté et aimé l’album de Parlor Snakes et nous étions impatients de les voir sur scène. Première constatation : ils ne sont pas aussi jeunes que nous le pensions, mais ça va encore, le groupe n’a que 8 ans d’existence depuis ses débuts sous le nom de Dead Beats. Parlor Snakes a attiré notre attention par son rock puissant et racé, classique mais efficace. Ce soir-là, nous avons vu un groupe qui n’était pas au meilleur de sa forme, et qui est passé par quelques moments de flottement avant de se reprendre et de finir en beauté. Ils avaient pris un nouveau bassiste pour remplacer celui qui est momentanément indisponible, et ce musicien a plus qu’assuré, donnant une bonne assise à leur répertoire. Par contre la chanteuse Eugénie Alquezar a mis du temps à chauffer sa voix et il a fallu attendre la fin du set pour que le groupe donne le meilleur de lui même. Quand c’est chaud, c’est excellent, mais ils peuvent faire beaucoup mieux que ce que nous avons entendu ce lundi. Les dates prévues en province leur feront du bien et devraient leur permettre de ne pas rater une performance aussi importante pour eux. Nous vous conseillons néanmoins d’aller les voir sur scène car quand ils sont lancés c’est très bien.

Patrick Kuriakine

Toybloid – Le Plan (Ris Orangis, paris sud) – 01 octobre 2016

Nous nous sommes aventurés en banlieue parisienne pour voir un groupe que nous avions raté lors de leur concert à Paris Intra-Muros. Cette scéance de rattrapage ne fut pas inutile. Toybloid, c’est tout simplement une bombe !

Mais parlons tout d’abord de la première partie, qui était de qualité : Karoline Rose, une chanteuse-guitariste franco -allemande. Elle parvient à tenir la scène toute seule avec sa voix superbe, veloutée et sensuelle, accompagnée seulement d’une guitare électrique et d’une boite-à-rythmes. C’est du pur indé, envoûtant et esthétique, et qui nous semblait tout particulièrement destiné par le hasard de la programmation. C’est une performance toute en finesse et en émotion, et nous espérons entendre reparler de cette artiste.

Toybloid, qui était en tête d’affiche, a en commun avec Katerine Rose la qualité vocale. Certes ce jeune groupe parisien n’a rien inventé, il fait du Joan Jett, mais nous n’en demandons pas tant. C’est déjà miraculeux de voir une telle qualité musicale de la part d’un groupe parisien et chez des gens aussi jeunes. Car les Toybloid sont très jeunes. Ce groupe a un réél talent, et nous a tapé dans l’oreille avec son single « If You dare ». Mais Toybloid n’est pas le groupe d’une seule chanson, et son rpéertoire contient d’autres hits potentiels. La ryhtmique nous fait penser à Mademoiselle K et pourrait être plus puissante. Mais malgré des défauts de jeunesse (ce n’est que leur premier album) ils dépssent d’une tête bien des groupes plus avancés en âge. Ce power-trio propose un pur moment de fun et d’energie, et réalise ce qu’on demande depuis toujours à des français : faire aussi bien que les anglo-saxons. Toybloid a une vraie chanteuse, ce qui nous change de tous les braillards que nous avons pu entendre lors des génération précédentes de groupes français. Bref un bon concert d’un bon groupe, et leur passage dans cette salle à la réputation affirmée est un signe de reconnaissance, car ce n’est pas n’importe qui qui joue à Ris-Orangis. Nous aimerions que ce groupe ne soir pas un cas isolé, et qu ‘il y ait une vague de groupes français de qualité. Nous sommes à l’affut de ce genre de choses.

Patrick kuriakine