The Yellow Traffic Light & Grand Rapid – Le Supersonic – 26 février 2018

Les concerts s’affichant dans la catégorie Shoegaze et Indie Rock sont malheureusement trop rares, aussi n’avons-nous pas hésité à nous rendre à Bastille pour écouter ces deux groupes dont nous ne savions rien avant leur concert dans ce sympathique club qu’est le Supersonic.

Tout d’abord The Yellow Traffic Light, un groupe de Turin, des Italiens donc, revendiquant des influences telles que Diiv, Always et Splash. Donc un groupe pour indiepoprock. C’est un régal de guitares fluides comme nous les aimons. Ils font un style de musique que nous avons repéré l’année dernière dans les programmations des salles de concert et qui semblait avoir disparu du paysage. Nous regrettons de ne pas en voir plus souvent dans la capitale, à notre grand regret.

Ils nous ont plongé dans une atmosphère tirant sur le bleu et envoutés par leurs sonorités et leur rock distancié et original. Les principaux titres qu’ils ont joués ce soir sont April et To fade At Dusk, que l’on peut trouver sur le net.

Ensuite ce fut le tour de Grand Rapid, que nous avons découvert sur scène, contrairement au groupe précédent, que nous avions écouté avant de venir. Et bien c’était super, comme quoi il faut parfois se jeter à l’eau et aller entendre des inconnus. Ces parisiens sont excellents, et ils démontrent que le niveau des groupes rock d’ici s’est considérablement élevé. La musique qu’ils nous proposent n’est pas éloignée de celle de The Charlatans, que nous avons pu voir ce mois-ci. Nous restons donc dans la même tendance. Ils méritent vraiment toute votre attention. A noter que leur premier EP sortira au printemps 2018, ce qui veut dire que l’on ne trouve rien sur eux pour le moment.

Nous faisons la même remarque pour les deux groupes : si musicalement c’est excellent, ils pêchent au niveau des voix qui ne sont pas de même qualité ni bien assurées. Il y a encore du travail avant de rattraper les artistes britanniques. Mais ce nouveau groupe parisien est sur la bonne voie.

Patrick Kuriakine

The Charlatans – La Maroquinerie – 16 février 2018

Retour ce vendredi à la Maroquinerie à Ménilmontant, cette fois-ci pour supporter la pop britannique. Nous sommes allés voir The Charlatans, qui sont de retour avec leur single hors du commun Plastic Machinery, que vous avez sûrement remarqué. Ils ont opéré une réapparition inespérée avec leurs albums « Modern Nature » et « Different Days ». Nous les avions à l’époque interviewé dans ces mêmes colonnes.

Curieusement ce groupe issu de la Brit Pop sonne très américain et chaud, ce qui est paradoxal. Mais c’est le chant qui est anglais, les parties musicales qui le suivent sont groovies, si ce terme n’avait pas été galvaudé par des bonimenteurs. On peut rapprocher ce qu’ils font de la musique de Paul Weller, ils évoluent dans la même sphère musicale. On ne peut s’empêcher en fermant les yeux de penser à un titre des Stones tel que Gimmie Shelter, et plus encore au Spencer Davis Group. Orgue rugissant, guitare sale, basse soutenue et batterie rythm’n’blues, ce n’est pas répandu à notre époque. 3 ou 4 chansons se détachent du lot, leur hit d’antan You’re The Only One I Know, Le nouveau Solutions et le déjà fameux Plastic Machinery. Ils ont joué aussi des titres moins évidents comme North Country Boy et With No Shoes. Ce n’est certes pas aussi puissant que les frères Gallagher mais c’est très bon. Ils se font plaisir s’ils ne révolutionnent pas le rock, c’est sympathique, humain et dansant, et Tim Burgess occupe l’espace. Nous attendons la suite des évènements avec impatience, c’est-à-dire un nouvel album, car ce soir ils ont remué leur glorieux passé devant un public enthousiaste. Une affaire à suivre, donc, et pas un accès de nostalgie.

Patrick Kuriakine