Fuzz Club – Petit Bain – 13 septembre 2018

Youpi, c’est la rentrée ! Nous voici de retour dans les lieux de musique de Paris selon la nouvelle situation dans cette ville. C’est au Petit Bain, la belle péniche, que nous commençons la saison avec une soirée de dingue à la programmation exigeante.

Trois groupes sont à l’affiche de ce Fuzz Club Live : les jeunes normands de You Said Strange, les californiens barrés de The Lumerians, et le trio psyché anglais The Oscillation.

Nous sommes arrivés à l’ouverture au public et nous avons patienté jusqu’au premier groupe en écoutant des bons trucs, jusqu’à ce que la salle soit à peu près remplie. Il n’y avait pas foule et c’est dommage, car les groupes annoncés étaient de qualité. Tout d’abord les jeunots de You Said Strange : ils veulent manifestement ressembler aux anglais par leur pop psyché accessible. Ce n’est pas du tout expérimental, c’est une musique basée sur les guitares qui mènent la danse. Ils ont joué leur album à l’identique et c’est tout simplement du rock actuel. Ce qui a suivi, par contre, est plus « ouf » et pas du tout pop. The Lumérians se présentent sur scène costumés en créatures inquiétantes et avec des synthétiseurs à la place de leurs instruments respectifs. La surprise passée, nous sommes entrés dans leur musique et avons entendu quelque chose de super, bien original et très prenant. Ils obtiennent avec leurs moyens à eux le même résultat qu’un groupe de rock conventionnel, simplement avec d’autres ingrédients. Si vous cherchez l’originalité, vous serez servis. Nous sommes partis dans l’espace avec ce show futuriste complété par des projections sur écran géant. Leur batteur est impressionnant.

Changement complet avec le trio anglais The Oscillation, qui gagnent le prix de la plus mauvaise coupe de cheveux du moment. Mais musicalement c’est un vrai régal, et ils ont par moment des accents du premier Pink Floyd et des albums dansants de Gong ! Leur bassiste est remarquable, car il développe des lignes de basse hyper-efficaces qui groovent sans faire dans l’excès de technique. C’est du psychédélisme dansant, avec une voix monocorde. Ça joue vraiment et il se passe quelque chose entre ces trois musiciens qui ne payent pas de mine. Ce rock expérimental nous montre un lien inavoué entre le psychédélisme et un groupe anglais comme The Cure. Nous voulons dire par là qu’il n’y a pas de contradiction dans le climat mais plutôt une simplification des morceaux pour passer de l’un à l’autre. Donc ce n’est pas un truc de vieux hippies incurables mais cela peut être écouté par des publics supposés incompatibles. Il y a des ressemblances et ce groupe représente une passerelle entre des courants du rock qui ne se connaissent pas forcément. Comme quoi on apprend plein de choses en allant voir des artistes expérimentaux qui nous sortent de notre zone de confort. Cela valait le coup de prendre un risque et cette soirée était excellente.

Patrick Kuriakine

Olden Yolk – Espace B – 01 Avril 2018

Nous voici de retour au nord de Paris dans ce lieu dynamique qu’est l’Espace B pour un concert du groupe New Yorkais Olden Yolk.

Si sur leur album il y a basse et batterie en plus de la guitare et du piano, sur scène c’est en duo qu’ils se produisent : Shane Butler au chant et à la guitare, et Caity Sheffer au piano et au chant. Malgré cette absence d’accompagnateurs, la sauce prend et dès le deuxième morceau Cut To Th Quick on reconnait leur manière et on tombe sous le charme pop psyché folk mélodique et délicate. C’est qu’ils savent composer de bonnes chansons qui restent dans la tête. Ne vous attendez pas à une débauche d’énergie et à des rythmes endiablés, ce n’est jamais très speed ni violent. C’est de la musique qui se déguste, très agréable à entendre, pop au bon sens du terme. Leur album nous avait plu dès la première écoute, et d’ailleurs il était en vente sur le stand merchandising situé au fond de la salle.

Ce concert était assez court, manifestement ils n’ont pas encore un répertoire abondant. Mais c’était bien sympa et nous avons passé un bon moment. Shane Butler joue sur une guitare folk électrifiée avec parfois un effet pour les soli, et non sur une guitare électrique. Visuellement il n’y a ’pas grand-chose à voir, ce n’est pas très spectaculaire.

En première partie il y avait une pianiste-chanteuse invitée pour l’occasion, Delphine Dora, qui donne aussi dans le psyché, sans l’évidence mélodique d’Olden Yolk. Mais ce qu’elle propose est assez original. En tout cas c’était cohérent avec la tête d’affiche du concert.

Notez bien cette salle, car la programmation est pointue et de qualité, et il y aura des choses très intéressantes en avril à l’Espace B, comme l’indique leur flyer.

Patrick kuriakine

Temples  – Festival Oui FM (Paris) – le 23 juin 2015

Nous sommes allés mardi soir Place de La République, à Paris, à l’occasion du Festival organisé par la radio Oui FM et la Mairie de Paris, pour voir la nouvelle sensation du rock britannique, les Temples. Ils sont parrainés par Noël Gallagher et ce groupe, formé en 2012, continue sur ascension sur les radio FM et dans les Festivals. Nous avions envie de voir ce qu’ils donnent sur une scène.

Ils ont joué les titres de leur album Sun Structures, et leur son est moins psychédélique que les visuels de leurs clips. Certes ils ont un look rétro, bien daté 1967, les cheveux longs et des guitares vintage, mais leur musique, elle, est bien sage. Nous nous attendions à quelque chose de plus ébouriffé et délirant, si l’on se réfère aux courant néo-psychédélique américain. Ils jouent les titres de leur album et ne partent pas en impro comme on pourrait s’y attendre de la part d’émules de syd Barrett. Non, c’est plutôt à Marc Bolan que leurs morceaux nous font penser, notamment le titre phare Keep In The Dark, principalement du fait de la voix de James Edward Bagshaw et de ses mélodies, une voix qui porte tout le groupe. En fait ce qu’ils jouent est très pop, très fin des sixties avec des refrains qui peuvent nous faire penser à Christophe ! Bref, cela frise la variété de cette époque et on ne peut s’empêcher de se demander ce que ça donnerait s’ils chantaient en français.

Mais on aime, et on leur reprochera seulement d’être trop scolaires et de jouer l’album sans en sortir. On s’interroge aussi sur ce revival psyché-pop qui, s’il donne lieu à des disques intéressants et des concerts agréables, semble tout droit tiré des scopitones d’époque aujourd’hui aisément trouvables sur youtube, et donc n’apporte pas grand-chose.

Patrick Kuriakine

Peckinpah – le Chinois (Montreuil, 93) – 06 décembre 2014

Rendez-vous au Chinois, sympathique petite salle de concert de Montreuil, pour une soirée DJ avec en ouverture à 20H un concert du groupe parisien Peckinpah. Nous laisserons de côté les DJ disco pour nous concentrer sur le groupe qui a délivré ce soir-là un excellent concert.

Peckinpah se présente comme un groupe de psyché-rock, influencé par des groupes des années soixiante-dix comme Neu, Harmonia ou encore Amon Duul II, et aussi par les riffs des Stooges. La démarche est osée, et s’adresse à-priori à des connaisseurs. Il s’agit tout simplement de bon rock, le groupe ayant digéré ses influences et le côté psyché s’est estompé par rapport à leur premier EP qui évoquait surtout les Doors, et le son s’est durci, en particulier au niveau de la guitare, qui est parfois très seventies, mais qui ne se perd plus dans des envolées psychédéliques qui ont disparu au profit d’une formule plus concise. Les claviers sont présents sur tous les morceaux et ils sont bien intégrés à l’ensemble. Le groupe, que nous voyions sur scène pour la deuxième fois, a gagné en maturité et en efficacité, nous surprenant par sa prestation. Le nouveau répertoire correspond à leur deuxième EP et nous tenons là tout simplement un bon groupe de rock actuel, original et agréable à écouter, et qui gagne à être connu. Les époques se télescopent et les seventies rejoignent les années 2010. Nous retournerons les voir lors de leur prochain passage à Paris.

Patrick Kuriakine